A l’occasion de la fête de l’indépendance estonienne, et des vingt ans de la révolution chantante, était organisé hier soir au stade de chant (Lauluväljak) de Tallinn, un festival de chant de nuit (öölaulupidu en estonien). Et un nombre impressionnant d’estoniens (tous les transports en commun mobilisés étaient combles) étaient rassemblés pour l’événement qui s’est déroulé toute la nuit de 21 heures à 3 heures ce matin.
Nous qui avions eu la chance d’en voir un plus grand l’année dernière, nous avons été encore particulièrement émerveillés par l’ampleur du spectacle. Des drapeaux aux couleurs bleu-noir-blanc flottaient un peu partout dans le ciel, des ballons par centaines, plus de 3000 chanteurs pour un total de 132 chorales, des chants repris par les différents choeurs et par la foule entière…
Et de surcroît la nuit, avec des jeux de lumières sous un ciel sombre, cela rajoutait vraiment quelque chose de magique à l’événement ! Même sans les avoir forcément vécus, tous semblaient ressentir encore l’émotion des tous premiers festivals de chant sous l’époque soviétique.
Première joie de la soirée, un estonien vient de gagner la médaille d’or au lancer de disque à Pékin pour les Jeux Olympiques, projeté en écran géant, le héros national est acclamé pendant de longues minutes. Puis, Jonathan, en véritable envoyé spécial, décide sur un coup de tête, de monter dans le stade “pour voir comment ça fait de là-haut”. Les responsables de la sécurité ne le remarquent pas et il se glisse donc parmi la foule de chanteurs pour assister à l’événement côté artiste ! Vous aurez donc droit à des vidéos exclusives depuis le stade de chant.
La soirée se continue plus tranquillement, au son de la ferveur populaire, Jonathan me rejoint finalement côté spectateur. Quelques drapeaux géorgiens discrets flottent au milieu des couleurs estoniennes, mine de rien, comme un symbole de liberté et un message de soutien à ceux qui souffrent encore d’une quelconque oppression russe.
Voilà encore une raison qui nous donne l’envie de continuer d’écrire sur ce blog : les rencontres que nous faisons par ce biais sont autant différentes qu’enrichissantes. Et en voici un bel exemple…
Au cours de cette année, nous avions reçu un message de quatre Scouts français qui se rendaient en Estonie et souhaitaient avoir quelques contacts afin d’aider si possible une communauté pendant leur voyage . Nous avions tout de suite pensé à notre ami Margus, le pasteur de Jõelähtme, et nous les avions aidé à les mettre directement en relation avec lui.
Finalement, à la mi-août, ils ont débarqué là-bas et ont donné un coup de main du côté de l’église pendant quelques jours. Margus, sa femme Piia, et Silja fidèles à eux même, n’en sont pas resté là, et en plus de leur offrir l’hospitalité, nos amis les ont aidé à découvrir un peu mieux l’Estonie.
Le week-end dernier, comme nous souhaitions également les rencontrer, Silja a organisé une petite excursion pour nous 6 sur l’île de Rammu, que Jonathan avait déjà visitée rappelez vous. Nous croyions tout d’abord que nos amis estoniens allaient nous accompagner mais il s’est avéré que l’on nous a tendu les clés de l’une des rares maisons de vacances de l’île, que l’on nous a fait monter à bord d’un petit bateau de pêcheurs et que l’on nous a dit qu’on viendrait nous chercher le lendemain matin.
Nous avons donc passé la journée et la nuit sur l’île non habitée, et donc laissée rien que pour nous. Rien de tel que d’être en compagnie de Scouts sur une île déserte, même pas le temps de se demander si l’on devrait aller chercher du bois pour le sauna, ou se préoccuper des différents repas ! Nous avons passé de très bons moments tous ensemble à la découverte de cette île sauvage dont Jonathan m’avait tant parlé et qui est, il faut l’avouer, particulièrement magique.
Nous sommes, entre autres, montés tout en haut des tours d’observation toutes rouillées pour avoir une meilleure vue sur le paysage qui nous entourait, nous avons accepté volontiers l’idée d’aider à aménager un ponton pour faciliter l’accostage des bateaux, puis nous avons préparé le repas du soir et le sauna avant d’en profiter pleinement toute la soirée.
La compagnie de ces Scouts nous a ravi. Ils nous ont apporté une énergie nouvelle, de la bonne humeur, toute leur gentillesse, et cet esprit français qui nous manquait un peu ces derniers temps. Plus encore, ils nous ont fait revivre et redécouvrir l’Estonie de nos débuts. Un énorme merci à Antoine, Alexis, Jean et Cyril avec qui on a partagé une belle aventure.
Début août, nous avons reçu, avec grand plaisir, la visite de Guy et de Solène, l’oncle et la cousine de Jonathan. Le premier soir, nous avons été les chercher à l’aéroport, puis nous les avons emmenés directement dans un petit restaurant traditionnel de la vieille ville pour un premier contact avec la gastronomie locale (pain frit frotté à l’ail, A. le Coq, cornichons, Kali et autres petites merveilles estoniennes).
Le lendemain, c’était la journée découverte de la ville, à pieds d’abord avec Amélie, puis en vélo en suivant le “Funky Bike Tour” avec Jonathan. Il a bien fallu mettre nos nouvelles compétences de guides à contribution !
Petite visite du marché Keskturg le jour suivant, avant de partir pour Haapsalu grâce à la voiture de location et de profiter de tous les bienfaits de son spa !
Puis nous voilà repartis de nouveau cette fois pour le sud du pays. Sur la route, nous nous arrêtons à Põltsamaa, où nous goûtons aux vins de cassis ou de groseille qui font la réputation de ce coin. Arrivés dans la région d’Otepää, nous nous sommes fait quelques frayeurs dans le parcours dans les arbres, avant d’expérimenter les joies de la balançoire traditionnelle (pas encore de record de 360° battu, mais de bonnes émotions quand même). Tout ça suivi d’une nuit assez sommaire dans un centre sportif, heureusement Solène avait emmené un jeu de cartes pour mettre un peu d’animation.
Pour le week-end, nous avions décidé de remonter au nord, après une halte à Tartu, visiter le parc de Lahemaa. Nous sommes passés par le festival de Viru Folk, où nous avons écouté le concert de Vägilased depuis la plage. Et pour rattraper un peu le manque de confort de la veille, nous avions réservé la nuit dans une petite ferme touristique au milieu de la forêt. Nous avons été ravis de l’accueil qui nous a été réservé là-bas : la maîtresse des lieux était très sympathique et le petit déjeuner maison du matin était particulièrement copieux et délicieux.
Finalement, nous avons terminé notre périple par une visite des marais de Viru Raba le dimanche matin et un petit tour de la réserve de Rebala bien agréables, avant de repartir sur Tallinn pour acheter les derniers souvenirs et boucler les valises avec quelques kilos supplémentaires.
Bref, un très bon séjour, qui nous a permis de prendre un peu de vacances, et ainsi d’être dans les meilleures conditions pour accueillir nos hôtes, et leur faire découvrir le pays à notre manière. Un très grand merci à Guy et à Solène d’avoir fait le déplacement, ça valait le coup je crois ! Le plaisir a été partagé par toute l’équipe !
Lors de notre petit séjour dans le Setumaa, nous avons profité d’avoir une voiture pour nous rendre aux grottes de sable de Piusa, à quelques kilomètres de la ville d’Obinitsa. Ces grottes font partie d’une réserve naturelle, et sont apparues à la suite du travail de mineurs entre 1922 et 1966. Le sable continue d’être extrait pour la verrerie située à proximité.
Seule la plus petite des deux grottes abandonnées est ouverte au public, l’autre est peuplée de quelque 2 000 chauves-souris. Nous avons suivi la visite guidée en estonien, essayant de comprendre tant bien que mal les explications de notre guide.
Puis, nous nous sommes baladés tout autour en s’émerveillant des différentes couleurs ocrées que prenaient le sable suivant les endroits. Jonathan en a même ramené un peu pour sa collection.
Ce week-end, nous sommes partis à la découverte de la région du Setumaa, à l’extrémité sud est du pays. Nous avions loué une voiture et nous y sommes allés en compagnie d’un couple de touristes français rencontrés à Tallinn. C’était bien sûr l’occasion de découvrir un petit peu mieux ce coin de l’Estonie que nous ne connaissions pas, mais aussi et surtout d’assister à la XVème élection du roi Setu.
Mais qui sont les Setus?
Ce sont ces quelques milliers de personnes habitant dans cette partie de l’Estonie à la frontière avec la Russie, une minorité qui possède sa propre langue, le Seto, assez différent de l’estonien moderne. Ils sont orthodoxes, mais pratiquent cette religion à leur manière, et lui associent des rites païens : en Russie on les appelle les “demi-croyants”. Ils ont un roi Peko (dieu païen de la fertilité) au ciel, et chaque année ils élisent son représentant sur Terre. Ils sont réputés pour leurs traditions ; et plus encore pour leur chant le “leelo” pendant lesquels les vers chantés par la soliste, sont répétés par un petit choeur de femmes (certains chants peuvent atteindre jusqu’à 30 000 vers, il faut une sacré mémoire pour retenir tout ça !). Les Setus se décrivent comme issus d’une culture mixte : estonienne et russe, ils sont d’ailleurs répartis de part et d’autre de la frontière (4 000 en Estonie, 3 000 en Russie). Leur costume traditionnel est tout à fait atypique : composé notamment d’un lourd bijou circulaire en argent autour duquel sont attachés des pièces de monnaie plus ou moins anciennes. Voilà, maintenant vous savez tout, sur les Setus
Arrivés à Värska, samedi aux alentours de midi, il nous a fallu en premier lieu passer la douane Setu, et oui c’est un peu comme si on se rendait un tout autre pays finalement. Puis, la journée s’est enchaînée sans que nous ne voyions le temps passer. On se serait cru transporté dans un autre monde le temps d’une après-midi. Premier petit tour dans les différents stands de nourriture (nous avons oublié de mentionner que les Setus sont aussi réputés pour leur bonne cuisine), avec au menu entre autres : bière maison, viande, saucisse, harengs, saumon fumé, haricots, glace maison, etc. Petit arrêt à l’atelier artisanat, où nous avons pu réaliser un dessous de plat aux motifs et aux couleurs Setu, grâce à différents petits tampons mis à la disposition du public. Puis, nous avons participé activement, au vote pour le meilleur fromage des environs (bon on n’a pas vraiment été emballé par le goût : tous étaient très lourds, parfois pâteux et toujours parfumés au cumin).
Durant toute la durée de l’événement, les Setus n’ont cessé de nos éblouir, par leurs costumes, leurs chants, leurs danses et leur bonne humeur communicative. Vraiment c’était une vraie bouffée d’oxygène et de dynamisme. Quant à leur élection du roi, précédé de chants comme discours de campagne électorale, suivi d’un vote en direct pour son candidat favori en formant tout simplement une ligne devant lui, avant de finir par une parade complètement folle… époustouflant vraiment !
Malheureusement, notre favori Lembit Lennuk, n’a pas été élu mais cela ne nous a pas empêché de passer des moments qui resteront gravés longtemps dans notre mémoire, en compagnie de ce peuple absolument charmant.
Comme cela nous avait tellement plu et marqué l’année dernière, nous n’avons pas pu résister à retourner cette année encore au festival de Viljandi. Ce festival est une rencontre de groupes de musique folklorique estoniens mais également de groupes étrangers. Une grande majorité d’estoniens assiste à ce concert, c’est donc presque la moitié du pays qui se retrouve lors de ce festival, qui rassemble toutes les générations.
Cette année, nous avons, grâce à notre amie Piia, la femme du pasteur, trouvé une petite place pour notre tente chez des amis à elle, dans un immense jardin, à côté d’une maison très estonienne, à quelques minutes du festival. Nos hôtes : Christian et Anita étaient vraiment adorables, et nous avons passé d’excellents moments avec eux. Nous avons notamment bien apprécié les petits déjeuners de plusieurs heures le matin : avec kama (spécialité estonienne à base de keefir et de poudre de céréales), oeufs, bacon grillé, soupe froide à la betterave, haricots, pâtisseries, découverte de fromage tchèque à la bière (qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à un maroilles), etc, etc… Nous avons passé du temps à jouer avec leur petite fille Rosa de trois ans, les rares personnes avec qui on peut avoir une conversation de plusieurs heures en estonien restant les enfants !
Mais revenons au festival. Nous y sommes venus comme l’an dernier par le train, rempli à craquer de jeunes et de moins jeunes qui se revêtent de leurs effets les plus originaux pour l’occasion. Ca parle fort, ça chante, bref on se sent déjà dans l’ambiance festival. Nous sommes arrivés sur place le vendredi soir, et après avoir planté les tentes, nous sommes allés à un premier concert, dans une petite salle de concert : Armastuse ja rõõmu laulud (chants d’amour et de joie). Il s’agissait de chants traditionnels estoniens, parfois très anciens, des regilaul : ces chants qui racontent une histoire et qui se répètent à l’infini. C’était donc un concert assez calme, où les spectateurs participaient en chantant avec les artistes. Bref, un très bon début de festival.
Comme l’an dernier, nous avons régulièrement croisé le long des allées du festival, des amis d’ici et d’ailleurs, des gens que l’on n’avait pas vu depuis longtemps, des personnes que l’on n’a pas reconnu, des volontaires, des collègues, bref c’est vraiment le lieu de rencontres et de retrouvailles de l’été.
Le lendemain, le samedi, nous avions pris un pass pour la journée, nous avions donc bien l’intention de profiter au maximum des différents concerts, ce que nous avons fait. Premier concert, celui d’un russe Trio Solnyshko, la musique était bonne mais sans qu’il n’ait vraiment fait un effort pour capter l’attention du public. Nous avons enchaîné avec l’un de nos coups de coeur du festival, le groupe Svjata Vatra, composé d’un ukrainien et d’estoniens, vraiment de la musique de qualité entraînante et ce sont les artistes qui ont réussi le mieux à partager leur musique avec le public. Nous avons été filmé pendant de longues minutes durant ce concert, mon chapeau coloré y est à mon avis pour quelque chose ! Nous avons ensuite assisté au début du concert d’un américain Bruce Molsky qui nous a entraîné dans sa musique blues, puis nous avons filé pour voir la fin du concert de Vägilased, un groupe d’estoniens très populaire. Le groupe norvégien Majorstuen des violonistes, ont donné un bon concert, mais on sentait l’attention du public un peu moins présente. Nous avons finalement voulu entendre le groupe Zetod, un groupe Setu du sud de l’estonie, mais nous n’avons même pas pu entrer tellement c’était comble.
En fin de journée, nous avons découvert en compagnie de Christian et d’Anita un petit endroit super, ouvert tout spécialement pour le festival. Une sorte de petit restaurant, où l’on servait de la cuisine maison délicieuse, et l’originalité du lieu était de ne pas afficher de prix. A la fin du repas, chacun pouvait donner ce qu’il avait envie de donner, un très bon concept, qui a bien plu, l’endroit était plein à craquer !
Et nous avons terminé la soirée par un concert de musique gitane dans une ambiance de folie. Si l’on est assez habitué en France à ce genre de musique, ici pour des estoniens c’était le dépaysement total. Résultat les gens sautaient dans tous les sens, il faut dire que les rythmes étaient vraiment endiablés. Mais je crois que le petit groupe de gitans hongrois Parno Graszt était complètement bluffé qu’on aime autant leur musique. Une des mamas du groupe dansait les yeux grands ouverts ébahie par l’entrain du public. Une très bonne fin de journée, pas forcément surpris par la qualité de la musique mais plutôt par l’ambiance qu’elle provoquait.
Le dimanche, nous avions prévu de rentrer assez tôt, en fin de matinée. Mais, une de nos amies estoniennes, Mari, que nous n’avions pas vu depuis longtemps car elle faisait ces études en Ecosse, nous a appelé pour nous voir à Viljandi. Pendant le petit déjeuner, quelqu’un nous a proposé de nous ramener le soir en voiture, ça nous laissait donc plus de temps. Nous avons donc discuté un moment avec elle avant de nous rendre à notre dernier concert du festival. Le groupe Flook, des irlandais du nord, nous ont permis de terminer le festival en beauté. C’était pour Jonathan l’occasion d’assister à un vrai concert de musique irlandaise de très bonne qualité. Les musiciens, que ce soit à la flûte irlandaise ou au bodhran, étaient particulièrement doués. Ils ont même joué un morceau breton et ont tenté d’expliquer les danses bretonnes au estoniens, pendant que nous dansions ravis en nous tenant par les petits doigts !
De retour à Tallinn, nous ne gardons de ce festival que des bons moments, de partage, de joie, des images et de la musique plein la tête !
En fin de semaine dernière, alors que nous pensions uniquement chanter dans une petite église au beau milieu de la campagne estonienne, du côté de Kose, nous nous sommes finalement (comme souvent mais là encore plus particulièrement) laissés embarquer dans un week-end de folie.
Tout a donc commencé dans cette petite église, où des représentants de chaque paroisse des environs étaient réunis pour faire un bilan de l’année et tour à tour les chorales de chaque village ont chanté quelques chants. Nous étions bien sûr de la partie, entraînés par l’énergie débordante de notre amie Silja. A la fin de cette petite cérémonie, nous nous sommes tous retrouvés autour d’un thé à la menthe, de quelques sandwichs, et d’un Napoleoni kook (gâteau Napoléon, le gâteau français par excellence pour les estoniens!).
Jonathan devait ensuite rentrer à Tallinn faire une visite à 30 lettons qui a finalement été annulée. A défaut de visite, nous avons été invités par Silja à venir camper à Neeme. Nous avons sauté sur l’occasion, et nous avons donc profité du bord de mer pour mettre nos pieds dans l’eau pendant que les enfants du pasteur Madleen et Teevit qui étaient là aussi se baignaient. Nous avons partagé un bon barbecue avant de terminer la soirée entre match de volleyball et de football France/Estonie puis filles contre garçons.
Le lendemain matin, le lever a été un peu difficile, mais on ne pouvait pas être en retard à la messe, car Silja devait jouer de l’orgue. Après le service traditionnel du dimanche, Jonathan a participé pour la première fois ici (après avoir fait plusieurs mariages et un baptême), à son premier enterrement estonien en jouant de la flûte. Pendant ce temps, je jouais tranquillement au Monopoly estonien avec les enfants, tentant désespérément de construire un hôtel sur Raekoja Plats !
Avant de rentrer enfin de ce week-end imprévu, nous avons dégusté une nouvelle spécialité estonienne : le Mannavaht (sorte de semoule parfumée à la confiture de fruits des bois) préparée amoureusement par Piia la femme de Margus. Si vous souhaitez avoir la recette en anglais, vous pouvez suivre ce lien
Et finalement alors que l’on croyait rentrer passer une soirée paisible à la maison, nous avons été à nouveau embarqués, cette fois-ci par nos amis et jeunes collègues estoniens avec qui nous faisons quelques uns de nos tours, dans la maison de Kaur, où nous avons pu profiter d’une petite fête et d’un bon sauna.
Les formations d’arrivée, sont également un bon moyen pour nous de découvrir de nouvelles spécialités culinaires, des endroits sympathiques et encore bien d’autres aspects de la culture et de l’histoire estonienne.
Cette fois-ci, nous avons été particulièrement ravis d’apprendre que nous allions pouvoir tester le sauna à fumée en compagnie des autres volontaires ! Le sauna à fumée demande plus de préparation qu’un sauna ordinaire, il est préparé à l’avance et chauffé pendant de longues heures à l’aide d’un feu ouvert et d’une grande quantité de pierres. La fumée reste à l’intérieur pendant tout le temps que chauffe le sauna, elle n’est évacuée qu’au dernier moment.
Peu avant de s’y engouffrer, on laisse le feu s’étendre et la fumée s’échapper par la porte ou les fenêtres ouvertes. Au centre du sauna à fumée, un poêle maçonné en pierres qui met plusieurs heures à chauffer. Les parois des murs sont couvertes de suie, et il faut être particulièrement vigilant si l’on ne veut pas ressortir de là tout noir en ressemblant à un ramoneur. On s’arme donc d’une petite planche en bois, sur laquelle on peut s’assoir et éviter ainsi le contact direct avec la suie.
C’est véritablement le sauna à “l’ancienne” ! Il demande un peu de patience mais ça vaut vraiment le coup. La fumée d’un sauna de ce type est encore plus douce que celle du sauna ordinaire et l’odeur de fumée qui se dégage à l’intérieur est particulièrement agréable.
La tradition veut ensuite que l’on plonge dans un lac ou une rivière s’il y en a à proximité du sauna, ou encore plus fou dans la neige ou dans l’eau gelée sous la couche de glace en hiver, après on ose ou on n’ose pas !
La photo ci-dessus est celle d’un sauna à fumée que nous avions découvert à Soomaa lors de notre formation de mi-parcours l’an dernier, nous avions assisté à sa préparation mais sans pouvoir le tester, c’est à présent chose faite !
En fin de semaine dernière, nous avons de nouveau été invités par l’agence nationale du volontariat estonienne pour parler de notre expérience, en tant qu’ex-volontaires SVE. Cette nouvelle formation d’arrivée se déroulait dans la ferme de Leppoja dans la région de Kõrvemaa (une zone marécageuse au nord de l’Estonie que nous avions découvert l’an dernier grâce à nos amis André et Sirli) et réunissait des volontaires fraîchement arrivés ici. Nous étions ravis de participer à cette nouvelle formation, d’autant plus qu’étaient présents entre autres certains de nos nouveaux amis volontaires : Cécile et Thomas (français), Nvard (arménienne), et c’est toujours l’occasion de découvrir de nouvelles têtes !
Nous sommes arrivés aux alentours de midi sur le lieu de formation, et à peine installés notre hôte nous a donné un panier repas et une carte, car le reste de l’équipe était déjà parti en randonnée, et nous étions censés les retrouver pour manger avec eux au milieu des marais. Pour rajouter encore un peu plus de piment à l’aventure, il pleuvait, nos pataugions dans les marais, et les moustiques étaient de la partie. Cela ne nous a pas empêché de retrouver nos amis et de passer un bon moment avec eux, au contraire !
La formation s’est poursuivie au chaud, en fin de journée, autour de différents débats sur le volontariat. Puis, nous avons profité d’un excellent repas préparé par notre hôte avant de commencer notre présentation. Lors de ces formations, nous aimons évoquer notre expérience. Elle est assez spécifique, dans le sens où nous étions volontaires en pleine campagne, et également dans le domaine du patrimoine et de l’environnement, ce qui est assez rare, du moins en Estonie, la plupart des projets étant le plus souvent à caractère social ou liés à l’éducation.
Nous essayons du mieux possible de faire prendre conscience aux nouveaux volontaires de l’importance de s’intégrer pleinement au sein de la population locale. Nous leur donnons quelques petits conseils : comme “ne jamais dire non à la première invitation”, mais aussi quelques clés pour essayer de percer le mystère du caractère des estoniens. Comme nous l’avons déjà sûrement mentionné dans ce blog, les estoniens peuvent paraître un peu froids et distants au premier abord, mais dès qu’on sait dépasser cette apparence trompeuse, en commençant par parler ne serait ce que quelques mots d’estonien avec eux, ils vous accueillent vraiment à bras ouverts.
L’amitié se mérite peut être plus difficilement que dans d’autres pays occidentaux, mais elle est plus durable. Les promesses estoniennes, ne sont pas des paroles en l’air, et les gestes comptent ici plus que les paroles. Autre chose encore, si en France on aurait tendance pour demander un service à quelqu’un par commencer à prendre de ses nouvelles, l’estonien ira droit au but.
A l’inverse, pour inviter quelqu’un, nous avons remarqué que nos amis estoniens passeront par une question banale comme “Que faites vous ce week-end?” ou encore “Qu’avez vous prévu cette après-midi?”. Et là où l’on aurait tendance chez nous à essayer de chercher n’importe quoi pour ne pas avouer qu’on ne fait rien de spécial. Il faut au contraire ne pas hésiter à dire que l’on n’a rien de prévu, car c’est à ce moment là seulement que l’estonien lancera son invitation. S’il sent que l’on est déjà occupé par autre chose, il passera à autre chose, par peur de déranger nos plans.
Voilà, nous espérons à chaque fois, que notre témoignage, facilitera les rencontres et les découvertes des futurs volontaires. Nous ne pensons en aucun cas être un modèle, mais nous savons que c’est en mentionnant ces différents points de notre expérience que certaines personnes réaliseront à quel point s’investir complètement dans son volontariat, mais aussi en dehors dans sa vie de tous les jours, est indispensable pour le ou la vivre pleinement.
ça faisait longtemps que je voulais faire cet article, pour présenter ce que nous faisons et vivons plusieurs fois par semaine.
Les croisières constituent la majorité du tourisme à Tallinn et l’impact qu’elles ont sur la ville est immense, que ça soit pour les magasins de souvenirs qui s’arrachent les groupes et qui tentent de séduire par divers procédés les guides comme nous. Café offert, réductions pour le groupe, harcèlement… pour rester neutre c’est pas forcément évident, mais on s’efforce de dire que toutes les boutiques se valent plus ou moins, pour ne pas qu’ils tombent dans des pièges à touristes.
Normalement nos groupes vont de 20 à 40 personnes maximum, mais comme la demande est considérablement supérieure à l’offre (2600 touristes dans le Costa Méditerranéa que l’on voit dans la vidéo, pour 45 guides seulement) forcément, on charge les effectifs et ils refusent même du monde. On a donc régulièrement des groupes de 46 personnes ce qui fait beaucoup à guider pendant 4 heures, voire plus (le maximum est 7h).
Amélie fait des visites en français et moi les espagnols et quelques groupes anglophones, mais comme il y a beaucoup de guides estoniens qui parlent très bien l’anglais et peu l’espagnol, du coup c’est devenu ma spécialité.
On a tous le même circuit, ce qui créé des bouchons dans la petite ville médiévale de Tallinn. Une heure plus tard, c’est complètement désert, mais les visiteurs nous demandent si “c’est toujours comme ça?!”. En fait, l’Estonie n’est pas un pays qui attire vraiment le tourisme de masse, comme on pourrait le croire sur la vidéo, mais si il y a un endroit dans tout le pays qui est touristique, c’est bien là. Le reste… on demande beaucoup d’imagination au touriste, ce sont de grands espaces vierges, avec des paysages immenses, mais ça, ils ne le verront pas.
Plus de détails dans la vidéo, je vous laisse apprécier (musique du film “Pirates de Caraibes”).
Samedi, je suis allé en compagnie de nos amis de Jõelähtme sur une petite île nommée Rammu et située au large de la réserve, . Malheureusement, Amélie n’a pas pu venir car elle travaillait ce jour là au musée, mais je m’y suis rendu avec Cécile, notre amie volontaire française. Nous nous sommes tous retrouvés au port de pêcheurs de Neeme. Bien que le soleil brillait, tout le monde n’a pas osé monter sur le petit bateau de pêche car le vent soufflait fort. Pour ceux qui ont tenté l’aventure, le voyage a été assez mouvementé (20 minutes pour faire un peu plus de 5km), et nous sommes arrivés sur l’île complétement trempés.
Pour la petite histoire, l’île de Rammu est inhabitée depuis 1952, quand les soviétiques ont forcé les familles à quitter l’île qui est alors devenue une petite base militaire. Autrefois, y vivaient deux familles, des descendants de pêcheurs finlandais qui s’étaient installés sur l’île. Il y avait une trentaine de résidents permanents et même une petite école pour les plus jeunes. Un homme se souvient qu’il allait au collège en bateau à moteur l’été, et à pied sur la glace l’hiver. Une autre dame nous a raconté qu’elle était née sur l’île et qu’elle y avait vécu jusqu’à l’âge de six ans. Elle se rappelait son enfance heureuse sur l’île et ne rêvait que d’une chose, d’y retourner y habiter un jour. Aujourd’hui, beaucoup d’habitants de Neeme, sont les descendants de ces deux familles originaires de Rammu.
Voici une image d’archives (merci Cécile !) Qui montre un enterrement sur l’Ile, avant 1952.
Nous sommes allés sur l’île, avec Margus, le pasteur et d’autres habitants des villages des environs justement, pour commémorer les pêcheurs enterrés dans le cimetière de l’île. Une fois arrivés sur place, nous avons essayé de nous sécher du mieux possible, certains ont dû se promener en sous-vêtements ou en serviette de bain toute la journée. Un petit tour au sauna d’une des maisons de l’île a bien aidé à nous réchauffer.
Nous avons pique-niqué sur l’île en profitant du spectacle des différents oiseaux autour de nous, puis nous sommes montés en haut d’une ancienne tour soviétique rouillée pour avoir une meilleure vue de l’île. On apercevait même la silhouette de Tallinn au loin. Nous nous sentions comme Robinson Crusoé, à la découverte de cette terre abandonnée.
Nous avons terminé par la petite cérémonie dans le cimetière et nous sommes rentrés avec le bateau en fin d’après-midi, mais cette fois-ci au sec et en 7 minutes seulement car la mer était calme. Ce bon air du large nous avait donné une faim de loup, nous avons donc improvisé un barbecue avec Silja, son fils Karl et Cécile, avant de rentrer à Tallinn. Quelle journée ! C’est bien dommage qu’Amélie n’ait pas pu être de la partie !
Comme l’année dernière, nous avons, ce lundi 23 juin 2008, fêté comme il se doit la Jaanipäev (St Jean), fête très importante dans le coeur de tous les estoniens (voir article de l’an passé). Nous sommes retournés à Viimsi, même si cette fois-ci nous aurions aimé la fêter dans la campagne, comme cela se fait traditionnellement ici en Estonie. Mais comme nous travaillions le lendemain, nous avons dû rester près de Tallinn, que nous avons vu se vider à vue d’oeil à l’approche de la fête, à 20h c’était quasiment une ville fantôme.
Nous nous sommes rendus sur le lieu de la fête accompagnés de Zsofia (la volontaire hongroise) et sa famille, et également d’Ifat (la volontaire anglaise) et de ses amis. La célébration était très sympathique, comme l’année dernière dans un esprit très familial. Le temps, après avoir fait des siennes pendant la journée s’est adoucit pour laisser place à une magnifique soirée ponctuée d’un long coucher de soleil. Le feu, était encore plus haut que l’année passée, et les pétards encore plus impressionnants. Cette fois-ci, les petits et les plus grands ont pu s’en donner à coeur joie avec la balançoire traditionnelle qui a tangué (jusqu’à presque céder!) une bonne partie de la soirée. Par contre, Jonathan, n’a pas osé retenter l’exploit du tir à la corde cette fois-ci !
La musique de la vidéo est d’un groupe estonien que nous connaissons et qu’on aime bien qui s’appelle “indigo lapsed”
Dimanche dernier, nous sommes allés à l’église de Jõelähtme comme habituellement. Mais une fois la messe terminée, nous sommes restés pique-niquer avec Margus le pasteur et sa petite famille. La journée était ensoleillée. Nous avons donc joué dans le jardin avec les enfants comme nous aimons le faire, à leurs jeux préférés, au foot sans oublier un petit tour sur la balançoire.
A 16h, nous nous sommes rendus dans le petit village de Raasiku, où nous avions rendez-vous pour donner un petit concert. C’était une sorte de répétition générale avant le vrai concert que nos amis vont donner en Allemagne dans quelques jours. Les chants étaient très réussis, et nous comptions même dans notre public un français atterri là un peu par hasard et qui a été ravi de pouvoir discuter un petit peu avec nous après le concert.
Une bonne journée comme on les apprécie, dans notre campagne estonienne qui nous manque de temps en temps et en compagnie de nos bons amis.
Le lilleturg (marché aux fleurs) de Tallinn est coloré et animé. Ouvert tous les jours, les estoniens aiment s’y arrêter pour acheter quelques fleurs. On y vend de tout : roses, tulipes mais aussi tournesols, et fleurs des champs fraîchement cueillies. De petites grands-mères sont présentes et vendent les fleurs de leur jardin le long du marché officiel.
En juin, un peu plus tard que chez nous donc, et symbolisant la fin de la période scolaire plutôt que la fête du travail, le muguet prend une place importante sur les différents étalages.
En Estonie, les fleurs s’offrent à toute occasion, quasiment obligatoires lorsque l’on se rend chez quelqu’un, mais également appréciées pour les anniversaires, et les fêtes en tous genres. Et il n’est pas rare ni choquant, qu’un homme en offre à une femme (ou inversement), sans forcément qu’il y ait une connotation sentimentale derrière. Le bouquet est généralement bien emballé, et même entièrement enveloppé dans un papier blanc opaque qui recouvre les fleurs, contrairement à chez nous où le papier transparent les met peut-être davantage en valeur. Ici, c’est la surprise totale jusqu’à la dernière minute, au moment de l’ouverture du paquet, un peu comme pour un cadeau.
Samedi, était organisé un festival de chant et de danse traditionnelle dans notre cher village de Jõelähtme. Environ 500 participants étaient réunis tout près des chutes de Jägala pour chanter et danser ensemble. Plusieurs élèves des écoles des environs étaient notamment présents à cette occasion.
Dans la matinée, nous avons aidé Margit à mettre en place son exposition sur les costumes traditionnels de Jõelähtme, pendant que les dernières répétitions débutaient.
Un peu avant 13h, tous les participants ont défilé au son de la fanfare. Puis, le spectacle a commencé. Même si c’était un festival local et donc beaucoup moins impressionnant que le grand Laulupidu qui a lieu à Tallinn tous les cinq ans, nous étions ravis de participer à cet événement local. Les chants étaient particulièrement bien choisis, l’ambiance était bon enfant et le temps était au beau fixe autant d’éléments qui nous ont fait passer une excellente journée en compagnie de nos amis. Jonathan a pu accompagner les chanteurs à la flûte et tout le monde était ravi. Pour nous remercier, on nous même a offert des tee-shirts aux couleurs de notre village, que nous pourrons porter tout l’été !
Petit article pour tous ceux qui souhaiteraient apprendre l’estonien de manière assez ludique à partir du français. La collection Assimil vient de sortir l’estonien de poche (en vente dans toutes les bonnes librairies), un des rares ouvrages en français qui permette d’apprendre l’estonien et facilement transportable pour l’emmener en voyage. La couverture est particulièrement sympathique avec l’estonien en costume traditionnel.
Merci à mes parents pour l’information en avant première et on l’attend avec impatience dans notre boîte aux lettres pour faire des progrès et impressionner nos amis estoniens !
Dimanche dernier, Jonathan a participé à un petit spectacle d’enfants donné dans la Mustpeada Maja, l’ancien bâtiment de la guilde des têtes noires, qui sert à présent de salle d’accueil pour des concerts ou des réceptions importantes (Jacques Chirac y a notamment été reçu en 2001) : voir photo ci-dessous.
Silja, notre amie chef de choeur lui avait proposé de jouer de la musique, pendant les transitions, lorsque les enfants entraient ou sortaient de scène. C’était un spectacle sympathique, et nous avons bien rigolé de voir ces enfants (parfois même des bébés) chanter ou danser accompagnés de temps en temps de leurs parents lorsqu’ils étaient trop petits pour aller seuls sur scène.
Bon, on n’est pas revenus en Estonie pour prendre du bon temps uniquement. Même si c’est également un plaisir de faire découvrir et de partager nos découvertes avec les touristes, ce n’est pas toujours forcément évident.
Dès notre arrivée en Estonie, après avoir vu qu’avec la première agence avec laquelle nous allions travailler nous n’allions pas pouvoir vivre de ça uniquement, nous avons démarché d’autres tours opérateurs réceptifs pour leur proposer nos services en tant que guides français, espagnol, et anglais pour la saison d’été. Finalement après quelques entretiens, nous avons décroché plusieurs contrats. Mais en tant que guides free lance, excepté quelques dates pour lesquelles nous sommes sûrs de travailler, tout dépendra de la demande touristique (espérons donc qu’il y ait beaucoup de touristes français cette année à Tallinn).
Malgré tout, finalement, ce type de travail nous laisse plus de liberté, nous pouvons jouer sur plusieurs tableaux et travailler pour différentes compagnies. Les groupes de touristes et les types de visites seront par exemple complètement opposés. Nous avons suivi plusieurs visites pour nous préparer. Quand il s’agit de tourisme de croisière, ce sont généralement des groupes d’une quarantaine de personnes qui doivent tout voir de Tallinn en très peu de temps. Et le but est donc de leur donner envie d’y revenir un jour. A d’autres moments, pour d’autres types de visites, les groupes sont beaucoup plus petits, et la visite est davantage axée sur la vie locale et les légendes liées à la ville. Bref, nous sommes contents de toucher un petit peu à tout. C’est aussi l’occasion pour nous de redécouvrir le pays et d’apprendre en profondeur tous les tournants de son histoire.
En plus de ces visites, Amélie travaille tous les samedis au musée de Rebala, où nous avions effectué notre volontariat, pour accueillir les visiteurs. Et de temps en temps, nous sommes contactés pour d’autres petites missions ici et là, comme aller chercher des touristes à l’aéroport et les accompagner pendant leur transfert. Pendant l’été, nous donnerons aussi peut être un petit coup de main au sein d’une auberge de jeunesse qui vient d’ouvrir à Tallinn, ou encore nous essayerons de voir si nous pouvons donner quelques cours de français.
Ci-dessus, la photo d’une de nos premières visites, une sorte de test que nous avions décidé de faire pour voir si nous étions au point : un tour de la vieille ville moitié en anglais moitié en espagnol à destination des volontaires qui ont bien voulu jouer le jeu.
Et oui, ca nous fait tout drôle de nous réveiller avec la vue sur la muraille et les premiers touristes matinaux qui sont déjà en train de prendre des photos. De mettre un pied dehors, et de voir l’animation estivale de la capitale autour de nous. C’est certain que cela nous change de notre vie tranquille de Jõelähtme où nous avions vu sur les champs et où nos premiers voisins étaient à plusieurs kilomètres.
Mais nous apprécions également cette nouvelle vie, cette possibilité de profiter des soirées, de rencontrer de nouvelles personnes, les nouveaux volontaires (entre autres Cécile la française, Luis le basque, Zsofia la hongroise, Julia l’allemande etc) , de revoir quelques amis, comme Thomas, ancien volontaire français, revenu passer quelques jours inoubliables à Tallinn, mais aussi des estoniens, qui nous recroisent au hasard des rues et qui se demandent ce que nous faisons encore ici.
Nous n’en perdons pas pour autant notre volonté de garder contact avec nos amis de Jõelähtme, que nous retrouvons régulièrement, à la messe le dimanche, ou à chaque petit événement local (mariage par exemple), auquel nous participons toujours avec plaisir.
Nous continuons également à pratiquer les danses traditionnelles, nous avons notamment trouvé un bon petit groupe à Tallinn qui se réunit deux fois par mois. L’ambiance est toujours très conviviale. Nous y allons souvent accompagnés de plusieurs volontaires et nous y prenons beaucoup de plaisir.
Ci-dessous une petite vidéo prise pendant Tallinnapäev (le jour de Tallinn), où nous avions assisté à un concert de style jazzy en estonien, bien sympathique !
Voilà, ca fait un petit bout de temps que l’on avait pas écrit sur ce blog, nous nous en excusons mais c’était pour la bonne cause. Nous étions en pleine recherche d’appartement, et donc nous n’avions pas accès à internet pendant tout ce temps. Hormis bien sûr dans la vieille ville où la plupart des lieux publics sont en Wifi, mais comme il a fait assez frais ces derniers temps, nous ne restions jamais très longtemps dehors, ou juste assez pour consulter nos e-mails.
Après avoir visité une petite dizaine d’appartements, complètement différents les uns des autres, nous avons opté pour celui-ci, autant pour son cadre, que pour l’équipement, mais aussi et surtout pour sa situation. Nous nous trouvons juste à la limite de la vieille ville, dans un quartier calme aux pieds de la muraille. Nous avons donc les avantages d’être tout près de tout (aussi bien de la gare de train Baltijaam, d’un arrêt de tramway, d’un supermarché, mais aussi du JaamaTurg, le marché de la gare, tout près de notre futur lieu de rendez-vous pour le travail, le port où nous irons accueillir les touristes, des cafés et des restaurants), sans les inconvénients. Bref c’est vraiment l’idéal !
En tous cas, à présent nous sommes devenus experts en prise de rendez vous en estonien, et aussi en négociation. Une fois installés, nous avons dû aménager un petit peu mieux tout ça : ustensiles de cuisine, draps, etc… Et maintenant on s’y sent vraiment bien !
Bon bien sûr il y a eu quelques difficultés, bancaires d’abord avec le transfert international qui se faisait attendre, et les propriétaires qui se demandaient si on allait finir par payer, puis avec l’installation d’internet, car la dame de l’agence nous avait fait acheter sans que nous ne l’ayons demandé les différentes chaînes du cable et du satellite et alors que nous n’avions même pas la télévision. Mais tout est rentré dans l’ordre à présent. Ca fait du bien d’avoir un chez soi, et nous sommes ravis de notre choix d’appartement !
Samedi 3 mai, a été organisée par une association une énorme opération de ramassage de déchets “Teeme Ära” à travers toute l’Estonie. Plus de 34 000 volontaires mobilisés, pour plus de 700 000 tonnes de déchets ramassés !
De notre côté, nous nous étions inscrits dans la région de Kuusalu, avec nos amis Piia, la femme du pasteur et ses deux enfants Madleen et David. Nous avons été plutôt chanceux pour le choix de notre lieu de travail, une belle plage sur la côte nord estonienne. Nous avons eu beaucoup de mal à trouver le moindre déchet au départ, puis en nous approchant d’une petite cabane servant à entreposer le bois pour les campeurs, nous sommes finalement tombés sur des sacs et des sacs d’ordures.
Apparemment, des personnes étaient passées avant nous pour faire un pré-nettoyage. Mais comme cette cabane n’était pas le meilleur endroit pour entasser ces ordures, nous les avons déplacées jusqu’au parking, où une autre équipe passera les chercher. Nous avons fait un peu de tri, puis nous avons mis les petits sacs poubelles dans les grands sacs que l’on nous avait fourni pour l’occasion.
Puis nous avons ramassé les quelques déchets qui restaient sur la plage, et notamment une très lourde baignoire remplie de ciment que nous avons traîné sur plusieurs centaines de mètres. Une opération fatigante mais nécessaire, car sinon cette baignoire aurait pu rester là des années encore sans que l’on s’en préoccupe. Et le moins que l’on puisse dire est que ce n’était pas des plus esthétiques sur une plage comme celle là.
Vraiment une belle initiative et une opération utile, à laquelle nous avons participé avec plaisir !
pour ceux que cela interesse, voici un article (en français) sur cet evenement.
Et voici un nouveau rendez-vous de danses traditionnelles estoniennes pour les amateurs ! Nous avons retrouvé avec plaisir notre groupe de danse local, même si celui-ci a un peu changé. Les musiciens sont différents, plusieurs personnes sont parties, mais d’autres sont arrivées, l’occasion de faire de nouvelles rencontres. Les danses aussi ne sont plus forcément celles sur lesquelles nous avions l’habitude de danser, tant mieux, on en apprend davantage !
Comme les températures du moment sont vraiment estivales, nous avons débuté la rencontre dehors, vraiment particulièrement sympathique de danser en extérieur, les musiciens étaient montés dans les arbres pour jouer, l’ambiance était donc comme toujours très bon enfant.
Pour l’occasion, nous avions proposé à Zsofia, une volontaire hongroise rencontrée lors de la formation d’arrivée, de venir avec nous. Et je crois qu’elle a été ravie, et vous pourrez le voir à la fin de la vidéo elle s’est sentie comme un poisson dans l’eau. Elle a vraiment bien dansé (même beaucoup mieux que nous !) et elle nous a invité à participer à une autre rencontre de danses traditionnelles mais cette fois hongroises qui aura lieu à Tallinn la semaine prochaine.
Grâce à la vidéo, vous pourrez vous initier à de nouveaux pas de danse, pas faciles du tout ! Apparemment c’était une musique française intitulée “Pas d’été”, bref c’était de saison !
A la fin de la semaine dernière, nous avons été invités à participer à un deuxième séminaire d’arrivée du côté de Pärnu, cette fois-ci non plus en tant que volontaires, mais pour faire partager notre expérience SVE à une dizaine de jeunes originaires d’Espagne, de France, d’Allemagne, d’Angleterre ou de Hongrie, arrivés depuis peu en Estonie.
Nous avions préparé pour cela une présentation powerpoint, essentiellement basée sur l’intégration au sein de la population locale. Nous avons donc donné quelques conseils à ces nouveaux volontaires, qui n’avaient qu’une envie découvrir au maximum l’Estonie et apprendre à mieux connaître ses habitants. Nous avons pu partager nos points de vue, et répondre à leurs interrogations. C’était un très bon petit groupe, très sympathique, et déjà très actif dans la vie locale.
Nous avons passé de bons moments tous ensemble, une excellente soirée sauna-jaccuzi (toujours le petit plus des formations de ce genre !), quelques bons fous-rire, notamment lors des sketches (voir photo ci-dessus). Bref un séminaire, qui nous a rappelé les bons souvenirs de nos premiers temps en Estonie.
Aujourd’hui, nous avons participé toute la journée au Kogemustekohvik, un événement organisé par l’agence nationale estonienne responsable du Service Volontaire Européen en Estonie. Nous avons assisté à différents ateliers et conférences sur le thème du volontariat, la plupart du temps en estonien. Et nous avons rencontré des gens sympathiques comme cette brésilienne qui avait étudié pendant 5 ans en Estonie et allait travailler ici quelques années encore. Nous avons également revu quelques uns de nos formateurs, d’anciens volontaires, et des responsables de l’agence nationale que nous connaissons bien. Certains nous ont proposé de faire une intervention lors d’une formation d’arrivée, pourquoi pas, cela nous rappellera le bon vieux temps!
Nous avons également rencontré le David Douillet estonien (même s’il nous a avoué ne jamais avoir gagné contre son adversaire français), il avait été invité pour l’occasion, on ne sait pas vraiment pour quelle raison. Quoi qu’il en soit, il a parlé de son expérience, dit combien le physique comptait pour avancer dans la vie (on l’a senti à sa poignée de main, on s’en souvient encore!) et n’a trouvé comme interlocuteurs, que les deux seules personnes pendues à ses lèvres, mais qui ne comprenaient rien à ce qu’il racontait, vous l’aurez deviné : nous !
Finalement, la journée s’est terminée avec la remise des prix pour les meilleurs projets du programme jeunesse en Estonie ces dernières années. Nous étions nominés dans la catégorie “projets culturels” mais malheureusement nous avons été devancés par un projet d’une autre française intitulé “La Seine et Marne rencontre la région du Võrumaa”, là j’avoue rien que par le titre on s’incline!
Avril 2008, il y a un an, à peu près à cette période, on partait faire un Service Volontaire en Estonie. C’était les premières découvertes de la Réserve de Rebala, où nous faisions notre projet, les premiers contacts avec les habitants de Joelahtme et quelques anecdotes, notamment celle de la compétition de vélo pour laquelle nous avions donné un coup de main.
Et bien nous sommes de retour ! En Estonie, encore une fois, car si dans le choix de la destination pour le projet SVE il y avait une part de hasard, là, nous sommes venus parce que nous l’avons choisi, car nous voulions continuer, l’histoire commencée lors de notre volontariat. Après, on ne sait pas, mais on avait promis de revenir, nous voilà.
L’idée était de trouver du travail en tant que guides, dans la vieille ville de Tallinn. Nous avons décroché un job pour l’été auprès d’un tour opérateur réceptif, mais il faut dire que le nombre de groupes français et espagnol n’est pas assez suffisant pour nous permettre d’en avoir tous les jours. Il nous faut donc trouver d’autres agences pour les convaincre de nous donner plus d’heures afin de pouvoir être guides a plein temps et en vivre… du moins pour l’été. Bien sûr, ce n’est pas comme pour le SVE, où la nourriture, l’appartement, tout ça est fourni. Maintenant il faut éplucher les annonces, visiter les logements, faire des entretiens d’embauche, bref, revenir à la réalité. Cependant, on vit quand même notre rêve d’être toujours à deux et de revoir nos amis ici (qui nous aident vraiment bien il faut dire). On a pu retrouver ainsi, Aude et Lena, lors de notre première soirée sur Tallinn (cf photo) mais également André et Sirli avec leur petite fille, Le pasteur Margus et tout ceux de l’église, Silja, Kaiman, Tavet, Madleen, Helen, qui ont voulu célébrer notre retour, Margit, qui nous a accueilli a l’aeroport et qui nous laisse rester dans l’ancien appart où nous étions en SVE, Meelis, qui faisait comme l’an dernier sa compétition de vélo, qui a toujours autant de succès… On retrouve nos marques et on voit qu’en seulement quelques mois certaines choses ont changé.
ça fait plaisir de reprendre ce blog. On espère que vous nous lirez toujours avec autant de ferveur que l’an dernier, en tous cas, n’hésitez pas à nous écrire ou a laisser des commentaires, c’est fait pour ça !
Voilà quelques jours que nous sommes rentrés d’Estonie. Le voyage du retour s’est bien passé, nous avons même eu une drôle de surprise à l’aéroport de Copenhague où nous avons fait escale : Irja une de nos amies de Joelahtme était là, de retour du Japon. C’est comme si l’Estonie voulait nous dire un dernier au revoir…
Nous voilà donc à nouveau en famille. Cela nous fait tout bizarre d’écouter tout le monde parler français autour de nous, on a l’impression d’entendre toutes les pensées des gens.
L’Estonie nous manque déjà, mais d’un autre côté nous sommes contents de retrouver la France, nos familles, nos amis, nos petites habitudes d’avant…
Nous tenions à vous remercier tous, nos amis estoniens qui nous ont si chaleureusement accueillis, nos amis volontaires avec qui nous avons passé de bons moments, nos familles et nos amis français qui nous ont soutenu et ont suivi nos aventures, nos rencontres via le blog qui nous a servi de plate forme d’échanges sur l’Estonie. Bref à tout le monde un GRAND MERCI, SUUR AITÄH, THANK YOU VERY MUCH !!! Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de fin d’année et une très bonne année 2008!
Nous ne retiendrons de cette expérience que de belles choses, alors n’hésitez pas faites comme nous, faites un SVE et partez en Estonie!!!
Alors que nous bouclons nos bagages pour retourner en France, Silja, notre amie qui nous a fait découvrir tant de choses, des danses estoniennes aux chants de chorale, a voulu nous remercier pour tout le travail que l’on a fait pour la communauté et pour la Réserve de Rebala, ainsi que de nous être impliqué dans des évènements locaux. Elle a rédigé un article, publié en première page du journal communal dans lequel elle décline nos noms en estonien, évoque le CD-Rom et aussi les bons moments que l’on a passé. Cela nous a beaucoup touché, et aussi un peu flatté, car même si la télé s’était interessé à notre projet, nous étions passé inaperçu du journal local, très lu par tous les habitants.
Cette petite gloire, fut aussi suivie, ce mardi, par un remerciement modeste de la part du Maire de Jõelähtme (que nous avons rencontré pour la première fois) pour notre travail. C’était un repas de fin d’année que la ville a organisé au golf, après un concert donné à l’église. Le voici donc à gauche sur la photo (ci-dessous) accompagné des chanteurs.
Nous avons donc vu Margus, Silja, Merle et Meelis pour la dernière fois (cette année) et dire au revoir n’est pas toujours facile quand on a partagé tant de choses, mais nous leur avons fait la promesse de revenir aussi tôt que nous le pourrons.
A peine rentrés de notre petit voyage dans les pays baltes, que nous avons assisté à une représentation du “Casse Noisette” ou, en estonien, le “Pahklipureja”de Tchaikovski, un ballet très aprécié à l’époque de Noël. C’était quelque chose que nous avions voulu faire depuis longtemps, parfait pour nous mettre dans l’esprit des fêtes de fin d’année, mais aussi, nous voulions accompagner Lee, notre amie volontaire portugaise, pour qui c’était la dernière soirée à Tallinn.
L’opéra Estonia était plein d’enfants, venus par classes entières, et habillés comme pour un mariage, avec costume trois pièces et noeud papillon pour les garçons, mini jupe, talon, boucles d’oreille, sac et maquillage pour ces petites d’à peine dix ans. Un choc générationel (ou culturel) pour nous. La représentation était très bonne, malgré un faux départ. L’orchestre jouait à merveille, et les danseurs ont réussi à nous emmener dans leur univers magique sans que nous nous rendions compte du temps passé. Apparemment selon Lee, qui commença dans ses études de journaliste par faire des critiques de danse, le danseur principal ne savait pas “tomber” à la réception de ses sauts, mais pour nous, novices, on ne vit que la grâce, la légereté des mouvement et la fragilité de ces danseuses en tutu. Un beau spectacle de Noël en tous cas, qui m’a rappellé des souvenirs d’enfance où petit, on m’avait emmené voir ce ballet avec mes grandparents…
(pour écouter un extrait musical, cliquez sur l’image ci-dessus !)
Et oui incroyable mais vrai, regardez ce que l’on a pu voir ce midi, par internet, au journal de 13 heures de TF1, un reportage tourné dans le petit village de Kasmu en Estonie à quelques kilomètres de chez nous. C’est rare qu’un reportage sur l’Estonie soit diffusé en France, alors on vous l’a mis en ligne.
Nous avons tout d’abord pris un bus jusqu’à Kaunas. Nous y sommes arrivés en début de soirée, et les gens à la gare de bus avaient l’air surpris de nous voir débarquer dans leur ville à cette heure là, alors qu’il faisait déjà nuit. Nous avons pris un trolley pour nous rendre dans la vieille ville. Bêtement, nous n’avions pas réservé notre nuit, que nous avions prévu de passer dans une petite pension tenue par l’église lituanienne et comme c’était dimanche soir, celle-ci était fermée. Nous avons dû nous rabattre sur un hôtel plus moderne, avec beaucoup moins de charme. Mais nous n’allions pas nous laisser abattre pour autant, comme souvent pour mieux apprécier une ville, nous sommes allés manger dans un bon restaurant traditionnel, où nous nous sommes régalés avec des zeppelins, sorte d’énormes ballons de rugby en pomme de terre fourrés à la viande (je peux vous dire que ca tient au corps!) et du jus de pomme au cumin (surprenant mais délicieux!).
Le lendemain matin, nous avons visité la vieille ville, puis nous avons pris le train pour Vilnius. Nous avons pris deux jours pour visiter la ville, que nous avons particulièrement apprécié, encore davantage que Riga. Nous avons été nous perdre dans Uzupis, un quartier à dominante artistique de la capitale qui a proclamé son indépendance et créé une constitution qui lui est propre. Nous sommes également partis en excursion à Trakaï à une vingtaine de kilomètres, jolie petite ville située sur une péninsule entre deux lacs, particulièrement paisible en cette saison.
Comme vous le voyez, notre séjour dans les Pays Baltes nous a beaucoup plu, et nous a donné envie de revenir en été pour pouvoir les découvrir encore davantage!
La semaine dernière, nous sommes partis faire un petit voyage en Lettonie et en Lituanie, que nous n’avions pas encore pris le temps de découvrir.
Notre première étape a été la capitale : Riga. C’était impressionnant d’arriver dans cette grande ville, surtout de nuit. Les gens avaient l’air pressés, pas forcément très accueillants au premier abord. Mais après s’être baladé dans le joli centre ville, particulièrement mis en valeur par les lumières de Noël et appris quelques mots de lettons qui faisaient sourire les commerçants, nous nous sommes tout de suite sentis un peu plus à l’aise. Nous avons flâné dans le marché de Noël, goûté directement sans le savoir à la liqueur locale le balsam vendue sous le nom de remède des sorcières, assez spécial quand même. Et nous avons dégusté aux spécialités lettones dans un restaurant populaire. Le lendemain, nous avons continué notre visite de la ville, et avons été faire un tour dans l’énorme marché de la ville : des halles et des halles entières consacrées soit à la viande, au poisson (parfois vendu encore vivant), aux produits laitiers, bref il y en avait vraiment pour tous les goûts.
Puis nous avons pris le train jusqu’à Sigulda, joliment surnommée la Suisse Lettone. Malheureusement la neige n’était pas au rendez-vous pour que nous puissons profiter des joies des sports d’hiver qu’elle propose habituellement. Mais c’était quand même très agréable de découvrir la nature lettone. Nous avons voulu nous initier au bobsleigh mais après avoir marché pendant une bonne heure à travers bois, cherchant désespéremment l’accès à la piste, nous avons finalement vu que cela n’entrait pas dans notre budget de volontaire.
Le soir, nous nous sommes rendus au manoir de Krimulda, en haut de la colline voisine pour y passer la nuit comme prévu. C’était toute une aventure! Il a fallu prendre le dernier téléphérique à 16h, le responsable du téléphérique nous voyant descendre alors qu’il faisait déjà nuit nous a seulement dit “Good Luck” pas très rassurant tout ça. Effectivement quand on est arrivé au manoir nous avons trouvé porte close. Nous avons essayé de demander (en gestes!) à la tenancière de l’épicerie toute proche. Elle nous a juste conseillé de réessayer de sonner et d’insister. Deux dames ont fini par sortir leurs têtes par la fenêtre. Là aussi difficile d’expliquer que l’on a réservé une chambre, mais finalement elle nous ont laissé entrer. La chambre était gigantesque et digne d’un manoir, quasiment incroyable pour le prix. Nous avons discuté comme on pouvait avec les dames, moitié en russe, moitié en allemand, un peu en letton à l’aide de notre guide. Elle nous ont expliqué que c’était un centre de réhabilitation pour des enfants, mais qu’il n’y avait personne en cette période de l’année. Comme nous avions faim, nous sommes retournés voir notre amie de l’épicerie, mais sans rien pour faire cuire notre repas, nous avons passé notre dernière nuit lettone à manger des gâteaux, de la saucisse lettone, des snickers sur un plateau d’argent et en trinquant à la limonade dans des verres en cristal, tout ce qu’on avait pu trouver dans la petite boutique !
A mi-parcours de notre volontariat, nous avions eu l’idée de créer un CD-ROM pour rendre le musée de la réserve plus intéractif et attractif notamment pour les enfants et leurs familles.
Après avoir parlé de ce projet à nos responsables qui ont eu l’air enthousiastes, nous nous sommes mis pendant plus de six mois au travail, planchant entre autres sur des cartes interactives, des visites virtuelles, des jeux pour enfants, des films, des textes sur l’archéologie, sur l’histoire de la réserve, etc…
Finalement, nous arrivons à bout du projet, après y avoir apporté plusieurs modifications. Le CD-ROM en trois langues, français, estonien et anglais, a été confié à un imprimeur et voilà ce que ça donne. Nous sommes assez fiers du résultat et nous sommes ravis qu’il puisse faire son apparition prochainement dans l’exposition du musée.
Même si notre retour en France n’est prévu que le 19 décembre, et qu’il nous reste un peu de temps pour dire au revoir à tout le monde ici, nous avons organisé nos fêtes de départ la semaine dernière, avant notre petit périple en Lettonie et en Lituanie prévu pour cette semaine.
La première soirée a eu lieu avec nos amis de Jõelähtme et des environs, dans la nouvelle maison de Margit. Nous avions organisé un énorme buffet français, avec des quiches, des cakes, des gateaux, des tartes, du saucisson, des toasts à la tapenade, du fromage (un camembert trouvé ici et du directement envoyé de France par mes parents. Nous avions cuisiné toute la journée, finalement il y en avait beaucoup trop pour la petite dizaine de personnes présentes. Mais tout le monde avait l’air content de se retrouver pour cette petite soirée sympathique. Pour nous c’était l’occasion de remercier tout le monde pour leur accueil chaleureux dans le village.
La deuxième soirée était organisée pour les volontaires, nous avions loué un sauna privé et une salle dans un restaurant de Tallinn, c’était vraiment bien appréciable. Quasiment tous nos amis volontaires encore là étaient présents : des allemands, des georgiens, des français, des polonais, une portugaise, une ukrainienne, une espagnole. Bref une soirée entre volontaires comme on les aime! Ca va nous manquer…
Hier soir, nous avons donné avec nos amis de l’église et ceux de Kuusalu, un petit concert de chants de Noël à la maison de la culture de Mustamäe, un quartier à l’ouest de Tallinn. Nous avions déjà donné un concert similaire la veille à l’église de Jõelähtme. La plupart des chants étaient en estonien, quelques uns en anglais, a capella ou accompagnés des musiciens. Nous nous débrouillons assez bien et même si nous ne comprenons pas toujours tout ce que nous chantons, ça nous aide à améliorer notre prononciation. Les chansons choisies étaient particulièrement jolies, et ces chants sonnent vraiment bien en estonien. Tout le monde avait l’air ravi de participer à ce petit concert. C’était l’occasion également de faire connaissance avec les päkapikud (notre nouveau mot préféré en estonien) : les lutins estoniens qui viennent le premier jour de l’Avant.
Après ce concert, pour rester dans l’esprit de Noël, nous avons été flâner dans le Jõulu Turg (marché de Noël) de Tallinn où nous avions rendez-vous avec Thomas et deux autres volontaires français. C’est très joli, surtout avec la neige, les illuminations et les décorations de Noël. Une patinoire a également été installée, nous irons surement y faire un tour.
Tallinn s’est complétement métamorphosée depuis cet été, nous nous amusons maintenant à glisser dans la rue Pikk. La neige est bien présente, même si elle fond plus vite en ville que dans notre campagne. Un nombre impressionnant de pêcheurs ont pris d’assaut le lac Maardu à présent gelé et creuse la glace pour essayer d’attraper quelques poissons. Il ne fait pas encore trop froid, sauf quand le vent s’y met, enfin peut etre que l’on s’habitue progressivement au froid aussi. Par contre il fait nuit très tôt à partir de 15h, 15H30 à présent. L’hiver est bien là !
La semaine dernière, nous sommes allés à Sillamäe pour faire une présentation du Service Volontaire Européen à Sillamäe. L’association Vita nous l’avait proposé après le succès de celle à Narva Jõesuu et nous avions sauté sur l’occasion. Cette ville située à l’est du pays, sur la route qui mène à Narva, et la frontière russe, a été pendant longtemps interdite. Pendant la guerre froide, son nom était banni, et elle était sous surveillance constante du KGB. Rasée pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été reconstruite dans les années 1950 sur un modèle staliniste nostalgique, de style néoclassique, et sa population est en grande majorité russophone.
Pour toutes ces raisons, nous avons vraiment été complétement dépaysés en allant là-bas, nous avions l’impression d’avoir franchi la frontière, tout était complétement différent de l’Estonie que nous connaissons. Probablement aussi qu’avec l’hiver, la neige sur le sol, les gens marchant au ralenti, complètement emitoufflés derrière leur chapka, cette impression de dépaysement était plus forte encore.
Nous sommes allés au collège lycée, le gümnaasium comme il l’appelle ici, accompagnés de nos amis de l’association Vita. Là-bas, nous avons été accueillis comme des princes. Tout le monde qui nous croisait dans les couloirs nous disait “bonjour” en français, comme si tous, les plus petits comme les plus grands avaient été prévenus de notre arrivée. Parfois, c’était pour eux la première fois qu’ils voyaient des français. Nous avons eu le droit à du café, de l’eau, des gateaux, des cadeaux (brochures de la région, médailles sportives de l’école, tout ce qu’ils ont pu trouver pour nous remercier d’être là).
Et nous avons revu avec plaisir Yelena, la fille qui nous avait ramené jusqu’à la porte à Narva Jõesuu. Cette dernière avait tellement apprécié notre première intervention qu’elle avait demandé à ses professeurs si elle pouvait nous inviter dans sa classe. Elle nous a vraiment émus lorsqu’elle nous a dit que nous avions changé sa vie, lui donnant l’envie d’apprendre (notamment l’anglais) pour pouvoir partir à l’étranger et pourquoi pas en SVE.
Nous avons donc présenté une nouvelle fois notre expérience, puis nous avons terminé la journée en discutant avec un club de jeunes et leur professeur de français qui veulent organiser un voyage en France. Nous allons les aider à trouver un lycée français et ainsi qu’ils puissent faire un échange. Puis quelques élèves nous ont raccompagnés gentiment jusqu’au bus, et nous avons pu discuter encore un peu avec eux tout le long du trajet. Ces rencontres sont toujours autant enrichissantes et nous donnent l’envie de promouvoir encore et encore le SVE.
Le week-end dernier, nous sommes allés passer le week-end à Pärnu, ville balnéaire sur la côte ouest du pays dont nous vous avions déjà parlé dans un article précédent. Nous avions été invités à passer le week-end avec notre ami André (rencontré lors d’une sortie kayak cet été), sa femme et leur petite Liisa. Nous avons donc pris la route en fin de matinée, nous discutions de tout et de rien dans la voiture, c’était vraiment sympathique. Une fois arrivés sur place, André a proposé d’aller manger un hamburger estonien (avec plein de cornichons, de choux, et une sauce rose indéfinie) car c’était là qu’il allait quand il était jeune. Une sorte de pélerinage, mais au bout de quelques minutes il nous a confié “Je crois que la nostalgie, il n’y a que moi qui la ressent!”. Alors comme pour se rattraper, il nous a invité dans une superbe villa de style art nouveau, la villa Ammende, transformée en hôtel-restaurant, où nous avons dégusté de bons chocolats chauds accompagnés de mousses et de petites gourmandises rafinées au chocolat, à la fraise, ou encore au café.
Puis, comme le soleil se couchait déjà, nous avons filé jusqu’à la plage que nous n’avions pas pu voir cet été. Difficile de l’imaginer bondée, là nous l’avions quasiment pour nous tous seuls. Première expérience pour nous : marcher sur du sable gelé. Tout ça, avec un magnifique coucher de soleil en fond, bref c’était magique.
Après quelques courses, nous nous sommes rendus à la maison des parents d’André, pour y passer la soirée et la nuit. Nous avons vraiment reçu un accueil des plus chaleureux, un sauna traditionnel dans une petite cabane à l’extérieur, un apéro avec de la bière et des harengs aux oignons frais et à la crème. Puis un délicieux repas : salade, marinade, pommes de terre, jus de pomme maison… un énorme repas en avant goût des fêtes de Noël !
Le lendemain matin, nous avons été voir de Rannametsa des dunes boisées, particulièrement joli malgré le vent qui soufflait fort, puis nous avons été mangé dans le centre ville de Pärnu. Et avant de repartir nous nous sommes régalés avec des bons beignets encore chauds, assez gras mais qu’est ce que c’est bon.
De ce week-end, nous ne garderons que des bons souvenirs de la vie à l’estonienne. Nous emportons avec nous tous les bons moments partagés avec nos amis, six litres de jus de pomme maison, une énorme jarre de gros cornichons, et des bonnets traditionnels que l’on nous a offert. Nous sommes vraiment gatés ! Un grand merci à André et sa femme pour leur gentillesse !
Dernièrement, nous nous sommes rendus à l’école de Loo où nous avions pris nos cours d’estonien, pour aller parler de notre expérience SVE à des terminales, puis plus récemment à l’école de Kostivere pour faire une intervention davantage axée sur la citoyenneté à des collégiens cette fois pendant leur cours d’éducation civique. La première fois, nous avons même eu droit à un tableau de salle de classe mais équipé d’un dispositif relié à l’ordinateur permettant de cliquer simplement en pointant un stylo magique dessus ou même d’écrire à main levée par dessus le powerpoint et enregistrer les modifications à partir du tableau. La grande classe, vive l’E-stonie !
C’est toujours une bonne occasion pour nous d’aller à la rencontre de ces jeunes, de leur parler de la France, de répondre à leurs questions sur notre découverte de l’Estonie (sur ce qui nous plait ici, notre point de vue sur le conflit estonien-russe) de notre expérience en tant que volontaires.
Bref c’est toujours une expérience intéressante et qui nous permet de promouvoir ce beau programme qu’est le SVE !
Récemment, nous avons entamé, à la demande de Margit notre responsable, un nouveau projet. Maintenant, on ne sait pas comment on va réussir à finir le travail avec la neige mais au moins on aura déjà un peu avancé.
Ce projet consiste à recenser en prenant en photo toutes les croix du cimetière de Joelahtme et de relever leurs mesures. Ces croix sont pour certaines très anciennes, et il s’agit d’en garder une trace, comme élément de patrimoine local.
Pas évident de se repérer à l’aide du plan donné, et de s’y retrouver entre les croix qui ont disparu, celles qui ont été déplacées, ou qui sont en mauvais état.
Mais c’est un bon travail d’automne, quand le soleil est là et qu’il ne fait pas trop froid dehors. Les couleurs des feuilles entrelacées avec les croix en fer forgé ou en bois, c’est magnifique. Le cadre des cimetières estoniens est de toute façon beaucoup moins triste que celui des français, beaucoup plus boisé, parfois même en plein coeur de forêt.
Parfois, les habitants nous regardent d’un air étrange, et nous demandent ce que font deux étrangers en train de mesurer leurs tombes.