Youpi!!! Nous nous levons ce matin avec un grand sourire aux lèvres. Ca y est les premières neiges sont tombées toute la journée d’aujourd’hui, ce qui annonce un week-end sous le signe des batailles de boules de neige et autres plaisirs hivernaux. Même si ce n’est pour l’instant qu’une petite couche qui est tombée, c’est vraiment magnifique de voir notre quotidien se vêtir d’un grand manteau blanc. Le froid est maintenant bien présent, mais les joies de la neige nous le font presque oublier.
Les odeurs de bois dans les cheminées se font sentir et les gens font la queue chez les garagistes pour faire monter leurs pneus-neige. La vie semble beaucoup plus calme, les sorties en extérieur se font de plus en plus rares, la nuit arrive bien vite (dès 16h), le bois est rentré, les conserves attendent patiemment sur les étagères et tout le monde semble se préparer à la future hibernation.
Hier soir, nous avons participé à ce qui était surement notre dernière rencontre de danses traditionnelles estoniennes, du moins pendant notre Service Volontaire Européen. Comme c’était la dernière du moins avant longtemps, nous en avons profité au maximum, participant quasiment à toutes les danses. Nous nous rappelions les toutes premières fois, et honnêtement nous avons fait beaucoup de progrès, nos pas sont plus assurés et nous prenons encore plus de plaisir à danser.
C’était aussi la fête des morts, alors chacun avait apporté une petite bougie pour mettre autour de la piste de danse de la maison de la culture. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup d’enfants. Comme d’habitude petits et grands étaient réunis pour danser, manger (nous avions apporté des petits pains au chocolat faits maison) et passer du bon temps ensemble.
Nous avons réitéré l’apprentissage de danses bretonnes mais cette fois-ci avec plus de succès car nous avions répété toute la semaine la musique et les pas. C’était assez physique, car comme disent les estoniens, ce sont des danses qui sautent.
Les musiciens rencontrés à Pärnu étaient là pour mettre l’ambiance. Et tous ont profité de leur présence, pour improviser en fin de soirée, quelques chants estoniens. Vraiment, nous avons passé une excellente soirée que nous n’aurions raté pour rien au monde.
En début de semaine, nous sommes allés à Narva Jõesuu en compagnie de Marika de l’agence nationale estonienne qui nous l’avait proposé, pour faire la promotion du Service Volontaire Européen auprès de jeunes russophones de l’association Viita. Nous avions préparé un powerpoint sur notre expérience avec quelques photos. Marika a parlé en russe des informations générales sur le programme et nous sommes intervenus en anglais sur notre ressenti en tant que volontaires.
Les jeunes et leurs formateurs ont eu l’air très intéressés, impressionnés surement de voir des français débarquer comme cela pendant leur formation sur l’avenir professionnel. Ils n’avaient jamais entendu parler de cette opportunité qui s’offre à eux de partir à l’étranger sans frais et nous ont posé beaucoup de questions, peut être certains partiront ainsi en volontariat l’année prochaine, qui sait? En tous cas, ils nous ont réservé un accueil très chaleureux, nous donnant tout ce qu’ils pouvaient nous offrir : sourires, quelques mots de remerciements en français, ballons, dessins, etc. A la fin, nous sentions qu’ils n’avaient pas envie de nous voir partir, certains nous ont même raccompagné jusqu’à la porte !
C’était également l’occasion pour nous, de découvrir un autre coin de l’Estonie, une jolie station balnéaire (certes un peu vieillotte mais cela lui donne du charme) à la frontière avec la russie. Une bonne opportunité par ce beau soleil d’hiver, de nous promener sur la grande plage quasiment déserte, on se serait presque cru en vacances.
Vraiment, nous étions très heureux de pouvoir partager notre expérience qui touche bientôt à sa fin, et de donner envie à d’autres jeunes de faire comme nous. Ca valait bien les 8 heures aller-retour de transport! (complétement fou nous direz vous pour un si petit pays, mais le bus s’arrête dans toutes les petites gares, faisant parfois des pauses d’une bonne vingtaine de minutes)
Dimanche dernier, Silja, une de nos amies de Jõelähtme, a eu une idée folle, celle d’aller à Pärnu pour participer à une rencontre de danses traditionnelles, un peu comme celle auquelle qu’on fait une fois par mois dans le village. Alors à 17h, après une célébration à la chapelle de Saha, nous sommes partis sur la route avec elle et Kaiman.
Là-bas, nous avons retrouvé deux personnes que nous connaissons et qui viennent régulièrement danser avec nous. Il y avait beaucoup plus de monde à Pärnu qu’à Jõelähtme, plus de personnes âgées et moins de jeunes également. Les musiciens étaient vraiment de qualité (nous les avons invité pour la prochaine session de danses traditionnelles à Jõelähtme), c’était encore plus motivant pour danser. Nous connaissons à présent pas mal de danses, et parfois certaines que les gens de Pärnu ignoraient.
Seul petit moment d’embarras, quand il a fallu apprendre à tous ces estoniens qui naissent dans la danse et dans le chant, une danse traditionnelle française. Après plusieurs minutes de réflexion, nous avons tenté une sorte d’improvisation personnelle de danses bretonnes. Pour les petits doigts en l’air, ça allait, mais pour les pas, nous ne pouvons jurer de rien. Même si tous ont eu l’air d’apprécier, il faudra mieux faire la prochaine fois, mais nous allons répéter pour ça !
Le week-end dernier, nous sommes allés visiter le musée d’art contemporain de Tallinn, le KUMU comme ils l’appellent ici, en compagnie de Valérie, une française qui donne des cours à Haapsalu. Nous avons passé toute la matinée du samedi là-bas ensemble.
Le batiment est intéressant d’un point de vue architectural, d’un point de vue artistique les oeuvres à l’intérieur sont loin d’être exceptionnelles (souvent des copies ou imitations plus ou moins bien réalisées de styles et de tableaux de grands artistes d’Europe de l’Ouest), mais c’était quand même intéressant de voir l’Estonie à travers l’oeil des peintres, et leur difficulté à s’exprimer notamment sous l’ère soviétique. Nous nous sommes bien amusés à reconnaître certains paysages ou villes que nous apprécions ici, maintenant que nous connaissons un peu mieux le pays.
La partie plus moderne est fidèle à celle des autres musées contemporains avec en plus une surprenante salle des portraits, des anciennes affiches de propagande soviétique et une exposition temporaire qui nous permettait de faire des tampons un peu partout sur des feuilles !