Rammusaar

Samedi, je suis allé en compagnie de nos amis de Jõelähtme sur une petite île nommée Rammu et située au large de la réserve, . Malheureusement, Amélie n’a pas pu venir car elle travaillait ce jour là au musée, mais je m’y suis rendu avec Cécile, notre amie volontaire française. Nous nous sommes tous retrouvés au port de pêcheurs de Neeme. Bien que le soleil brillait, tout le monde n’a pas osé monter sur le petit bateau de pêche car le vent soufflait fort. Pour ceux qui ont tenté l’aventure, le voyage a été assez mouvementé (20 minutes pour faire un peu plus de 5km), et nous sommes arrivés sur l’île complétement trempés.

Pour la petite histoire, l’île de Rammu est inhabitée depuis 1952, quand les soviétiques ont forcé les familles à quitter l’île qui est alors devenue une petite base militaire. Autrefois, y vivaient deux familles, des descendants de pêcheurs finlandais qui s’étaient installés sur l’île. Il y avait une trentaine de résidents permanents et même une petite école pour les plus jeunes. Un homme se souvient qu’il allait au collège en bateau à moteur l’été, et à pied sur la glace l’hiver. Une autre dame nous a raconté qu’elle était née sur l’île et qu’elle y avait vécu jusqu’à l’âge de six ans. Elle se rappelait son enfance heureuse sur l’île et ne rêvait que d’une chose, d’y retourner y habiter un jour. Aujourd’hui, beaucoup d’habitants de Neeme, sont les descendants de ces deux familles originaires de Rammu.
enterrement Rammu
Voici une image d’archives (merci Cécile !) Qui montre un enterrement sur l’Ile, avant 1952.

Nous sommes allés sur l’île, avec Margus, le pasteur et d’autres habitants des villages des environs justement, pour commémorer les pêcheurs enterrés dans le cimetière de l’île. Une fois arrivés sur place, nous avons essayé de nous sécher du mieux possible, certains ont dû se promener en sous-vêtements ou en serviette de bain toute la journée. Un petit tour au sauna d’une des maisons de l’île a bien aidé à nous réchauffer.

Nous avons pique-niqué sur l’île en profitant du spectacle des différents oiseaux autour de nous, puis nous sommes montés en haut d’une ancienne tour soviétique rouillée pour avoir une meilleure vue de l’île. On apercevait même la silhouette de Tallinn au loin. Nous nous sentions comme Robinson Crusoé, à la découverte de cette terre abandonnée.

Nous avons terminé par la petite cérémonie dans le cimetière et nous sommes rentrés avec le bateau en fin d’après-midi, mais cette fois-ci au sec et en 7 minutes seulement car la mer était calme. Ce bon air du large nous avait donné une faim de loup, nous avons donc improvisé un barbecue avec Silja, son fils Karl et Cécile, avant de rentrer à Tallinn. Quelle journée ! C’est bien dommage qu’Amélie n’ait pas pu être de la partie !


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