Laulupidu de nuit

A l’occasion de la fête de l’indépendance estonienne, et des vingt ans de la révolution chantante, était organisé hier soir au stade de chant (Lauluväljak) de Tallinn, un festival de chant de nuit (öölaulupidu en estonien). Et un nombre impressionnant d’estoniens (tous les transports en commun mobilisés étaient combles) étaient rassemblés pour l’événement qui s’est déroulé toute la nuit de 21 heures à 3 heures ce matin.

Nous qui avions eu la chance d’en voir un plus grand l’année dernière, nous avons été encore particulièrement émerveillés par l’ampleur du spectacle. Des drapeaux aux couleurs bleu-noir-blanc flottaient un peu partout dans le ciel, des ballons par centaines, plus de 3000 chanteurs pour un total de 132 chorales, des chants repris par les différents choeurs et par la foule entière…

Et de surcroît la nuit, avec des jeux de lumières sous un ciel sombre, cela rajoutait vraiment quelque chose de magique à l’événement ! Même sans les avoir forcément vécus, tous semblaient ressentir encore l’émotion des tous premiers festivals de chant sous l’époque soviétique.

Première joie de la soirée, un estonien vient de gagner la médaille d’or au lancer de disque à Pékin pour les Jeux Olympiques, projeté en écran géant, le héros national est acclamé pendant de longues minutes. Puis, Jonathan, en véritable envoyé spécial, décide sur un coup de tête, de monter dans le stade “pour voir comment ça fait de là-haut”. Les responsables de la sécurité ne le remarquent pas et il se glisse donc parmi la foule de chanteurs pour assister à l’événement côté artiste ! Vous aurez donc droit à des vidéos exclusives depuis le stade de chant.

La soirée se continue plus tranquillement, au son de la ferveur populaire, Jonathan me rejoint finalement côté spectateur. Quelques drapeaux géorgiens discrets flottent au milieu des couleurs estoniennes, mine de rien, comme un symbole de liberté et un message de soutien à ceux qui souffrent encore d’une quelconque oppression russe.