
La semaine dernière, nous nous sommes rendus pour la première fois et en compagnie de Maude, à Paldiski, une ville portuaire célèbre pour avoir été une ancienne base nucléaire soviétique. Nous avions décidé de nous y rendre en train. Une fois sur place, nous avons marché en direction du centre de la ville, passant entre les baraquements plus ou moins bien restaurés. On sent que l’effort pour rendre la ville plus attractive est bien là, mais qu’il est encore trop récent.
En chemin, nous demandons notre route à un passant, Olav, qui nous raconte finalement toute son histoire. Il est comme la plupart des gens ici russophone, mais il parle également estonien, nous arrivons donc à nous comprendre par ce biais-là. Il semble en tous cas très fier de nous faire visiter sa ville, et quoi de mieux qu’un habitant pour nous renseigner sur la vie d’ici. Il nous emmène finalement jusqu’à la statue d’un sculpteur estonien Amandus Adamson, originaire du coin, puis jusqu’à la mairie. Nous lui demandons si il nous conseille la taverne que nous avons repéré à quelques pas de là ; il nous répond simplement “Pas de problème, pas de criminels là-bas”, cela sous entend il qu’il y en aurait autre part ? Mystère…
Nous nous retrouvons donc, après avoir déniché un dossier de projet financé par l’Union Européenne de réintégration durable des anciens lieux militaires à la mairie, à une des tables de la taverne, dégustant des soupes assez relevées, et écoutant les serveuses discuter en russe, essayant de nous rappeler les quelques mots que nous connaissons dans cette langue (Kakoi cauchemard !)…
Finalement, après avoir repris des forces, nous décidons dans un premier temps d’aller visiter le musée de la ville, enfin pour ainsi dire deux petites salles cachées au détour d’un couloir d’un vieil immeuble. Le responsable du musée ne parle que russe, pas un mot d’estonien, et seuls quelques panneaux sont traduits en anglais, ce qui ne nous empêchera pas de comprendre que ce lieu est totalement dédié à la gloire de l’époque soviétique. Des costumes de militaires, des statues de Pierre le Grand, des livres sur Staline ou Lénine, trônent en apparence un peu partout dans le musée, alors que les drapeaux estoniens, d’habitude flottant à l’entrée, sont ici placés au fond, derrière une vieille armoire.

Avant de rentrer prendre notre train retour pour Tallinn, nous avons vagabondé à travers les terrains vagues et les vieux garages pour arriver jusqu’à la citadelle, marquée sur notre carte comme point d’intérêt touristique, mais à priori le lieu n’est pas véritablement mis en valeur pour l’instant. Une belle journée de découverte donc, sous un beau soleil, malgré le froid perçant.

