France-Estonie26 July, 2009 4:26 pm

stand sur l Estonie

Le 18 juillet 2009 avait lieu la première édition de la fête de l’Europe au Bourget du Lac, avec comme invité d’honneur l’Irlande. Un petit marché des différents pays européens avait également été organisé, et comme ma mère est conseillère municipale, j’ai décidé de monter un stand sur l’Estonie à cette occasion.

J’avais récupéré pas mal de petites choses que j’avais déjà, ici et là, fait développer des photos, ramené des spécialités d’Estonie (pain noir frotté à l’ail, saucisse d’élan fumée, chocolats Kalev, et amandes grillées) dans mes bagages. Tout était prêt !

Nous avons monté le stand le matin du 18 juillet 2009, le temps était assez maussade, et donc très peu de monde s’était déplacé pour l’ouverture de la fête. Mais l’après-midi le ciel s’est éclairci, j’ai agité mon drapeau bleu, noir, blanc et mon stand s’est rempli peu à peu.

Comme mes parents habitent dans un petit village, beaucoup de personnes me connaissent, mais certains ne m’ont pas reconnu du premier coup, vêtue de mes habits traditionnels en lin.

La plupart des gens ne savent rien de ce petit pays, il faut donc d’abord le situer sur une carte de l’Europe. Mais après tout, c’est plutôt une chance, car ils n’ont pas (ou pas beaucoup) d’a priori, et ils ne peuvent que découvrir de nouvelles choses. C’est original, différent de tout ce qu’ils connaissent, et au final ça leur plaît.

Ce stand a eu un véritable succès, mes brochures touristiques sont parties comme des petits pains, et si ma petite promotion a bien fonctionné, la fréquentation touristique française en Estonie devrait connaître une certaine augmentation ;-) Certains étaient vraiment surpris de me voir parler pendant des heures de ce pays, “il faut vraiment être passionnée” m’a t-on dit. Et je crois que c’est aussi, parce qu’ils ont été vraiment intrigués par mon amour pour ce pays, qu’ils se sont dit “il doit forcément s’y cacher des choses intéressantes pour qu’une française y trouve tant d’intérêt”.

Les photographies que nous avions pris sur place, en particulier celles de Jonathan, ont donné une touche personnelle à ce stand, beaucoup ont dit qu’elles étaient très réussies et qu’elles donnaient vraiment envie d’aller y faire un tour.

J’étais particulièrement touchée, d’entendre des “Tere” (bonjour en estonien) dans les rues de mon village, de regarder défiler les enfants brandissant avec fierté les petits drapeaux estoniens que je leur avais offert, de voir les gens se retourner en murmurant “regarde voilà l’estonienne”. Merci donc à tous d’être venus faire un tour sur mon stand et à bientôt en Estonie !

Sinon, voici ci-dessous un petit extrait audio d’une émission de RFI (Radio France Internationale) en anglais, à l’occasion de la journée de l’Europe le 9 Mai 2009, où j’avais été interviewé pour parler du SVE :



ameliejonathan
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Festivals12 July, 2009 4:30 pm

nous en tenue traditionnelle estonienne

Mais revenons à l’événement qui a véritablement marqué notre séjour estonien : le grand festival de chant, le Laulupidu, qui a rassemblé cette année quasiment 30 000 chanteurs, et environ 75 000 spectateurs pour le samedi !

Et grand privilège, nous avions été invités par nos amis estoniens à faire cette fois partie des chanteurs. Nous avons donc pris notre rôle très à coeur, révisant les différents chants sur internet depuis la France, puis participant aux différentes répétitions générales une fois sur place. Nous avons revêtus les plus beaux habits traditionnels que nous ayons pu trouver et nous voilà partis pour une parade festive qui a duré environ quatre heures reliant le centre ville au stade de chant (Lauluväljak) . Nous étions aux anges aux côtés des membres d’une petite chorale menée par notre amie Silja, acclamés par la foule, qui se tenait tellement proche du défilé, que les chanteurs et les danseurs avaient du mal à se frayer un passage et à avancer. Des costumes, des couleurs, des trompettes, la fête bat son plein.

Malgré le temps maussade du samedi, l’ambiance était déjà au rendez-vous, et tout le monde était là pour chanter coûte que coûte. Le stade se vidait progressivement de ses spectateurs, qu’importe, les chanteurs des différentes chorales sélectionnées pour l’occasion (la sélection est très stricte, et seulement les meilleures chorales seront choisies pour participer à l’événement), ne perdait aucunement le moral et continuait de chanter avec encore davantage d’émotion. Les estoniens, rentrés chez eux à cause de la pluie, continuaient de suivre l’événement derrière leur poste de télévision, chez eux, ou dans les bars en ville.

Le dimanche, le soleil était de retour, et l’atmosphère était encore plus festive que la veille. Le stade était plein à craquer ! L’émotion était à son comble, surtout lorsque l’on se trouve du côté des chanteurs. C’est quasiment indescriptible. Tout le monde est présent, du plus jeune au plus âgé, la plupart connaissent les chants par coeur, et entonnent avec conviction, pendant plusieurs heures d’affilée, ces paroles de liberté et d’amour pour la patrie qui ont tellement de sens pour eux. La petite vieille à côté de moi, a probablement bien plus de 70 ans, elle a tous les badges des festivals de chants des années précédentes, probablement a-t-elle vécu des moments encore plus forts que celui-là au moment de la Révolution Chantante ; elle ne montre aucun signe de fatigue de rester là debout, elle chante et elle chante encore à plein poumons.

La foule en délire crie “Eesti, Eesti” (Estonie, Estonie) ! On fait la ola chez les chanteurs jusque dans le public. Spectateurs et choristes sont en osmose, ils se répondent, ils s’applaudissent mutuellement. On entend à peine les cris de certaines âmes sensibles essayant d’appeler un médecin, parce qu’ils ont fait un malaise dans le stade. Les drapeaux bleus-blancs-noirs sont agités tout au long de la journée. Plus les chants s’enchaînent, plus les chanteurs et le public demandent à ce qu’ils soient répétés encore et encore. Le chef d’orchestre revient alors sur scène acclamé par plusieurs milliers de personnes.

Et lorsque la flamme marquant la fin du Laulupidu 2009 s’éteint, tout le monde continue à chanter encore et encore, des chants qu’ils n’ont pas eu l’occasion de chanter cette fois-ci, des chants des années précédentes, des chants mélancoliques, des chants joyeux. Et tous rentrent tranquillement, dans le plus grand calme, chez eux, des images et des mélodies plein la tête, et avec une seule envie : se préparer pour le prochain festival. Tout simplement magique !


L'Estonie 3:20 pm

poupees estoniennes

C’était prévu de longue date, nous l’avions promis à nos amis estoniens, et nous l’attendions avec impatience. Nous étions de retour en Estonie, début juillet, pour quelques jours au moment du Laulupidu 2009, un très bon prétexte à ce nouveau séjour dans notre pays d’adoption.

Cette fois encore, nous avons été accueillis comme des rois, et nous avons retrouvé l’Estonie quasiment comme si nous venions de l’avoir quittée. Certes quelques petites choses ont changé, la crise économique est passée par là, mais quel bonheur de pouvoir apprécier de nouveau la nature, le calme et la simplicité qui sont les plus belles richesses de ce petit pays. Un vrai bol d’air après ces quelques mois de vie parisienne.

Nous n’avons pas arrêté, profitant de chaque minute auprès de nos amis estoniens et des anciens volontaires (pour certains restés sur place et d’autres de retour à l’occasion du festival). Ces quelques jours sont passé très vite (heureusement que les journées en Estonie sont plus longues!), et ils ont été riches en retrouvailles, en émotions et en découvertes.

Un grand merci à tout le monde pour votre accueil chaleureux, et à très bientôt !