Intervention sur le SVE à Sillamäe

La semaine dernière, nous sommes allés à Sillamäe pour faire une présentation du Service Volontaire Européen à Sillamäe. L’association Vita nous l’avait proposé après le succès de celle à Narva Jõesuu et nous avions sauté sur l’occasion. Cette ville située à l’est du pays, sur la route qui mène à Narva, et la frontière russe, a été pendant longtemps interdite. Pendant la guerre froide, son nom était banni, et elle était sous surveillance constante du KGB. Rasée pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été reconstruite dans les années 1950 sur un modèle staliniste nostalgique, de style néoclassique, et sa population est en grande majorité russophone.
Pour toutes ces raisons, nous avons vraiment été complétement dépaysés en allant là-bas, nous avions l’impression d’avoir franchi la frontière, tout était complétement différent de l’Estonie que nous connaissons. Probablement aussi qu’avec l’hiver, la neige sur le sol, les gens marchant au ralenti, complètement emitoufflés derrière leur chapka, cette impression de dépaysement était plus forte encore.
Nous sommes allés au collège lycée, le gümnaasium comme il l’appelle ici, accompagnés de nos amis de l’association Vita. Là-bas, nous avons été accueillis comme des princes. Tout le monde qui nous croisait dans les couloirs nous disait “bonjour” en français, comme si tous, les plus petits comme les plus grands avaient été prévenus de notre arrivée. Parfois, c’était pour eux la première fois qu’ils voyaient des français. Nous avons eu le droit à du café, de l’eau, des gateaux, des cadeaux (brochures de la région, médailles sportives de l’école, tout ce qu’ils ont pu trouver pour nous remercier d’être là).
Et nous avons revu avec plaisir Yelena, la fille qui nous avait ramené jusqu’à la porte à Narva Jõesuu. Cette dernière avait tellement apprécié notre première intervention qu’elle avait demandé à ses professeurs si elle pouvait nous inviter dans sa classe. Elle nous a vraiment émus lorsqu’elle nous a dit que nous avions changé sa vie, lui donnant l’envie d’apprendre (notamment l’anglais) pour pouvoir partir à l’étranger et pourquoi pas en SVE.
Nous avons donc présenté une nouvelle fois notre expérience, puis nous avons terminé la journée en discutant avec un club de jeunes et leur professeur de français qui veulent organiser un voyage en France. Nous allons les aider à trouver un lycée français et ainsi qu’ils puissent faire un échange. Puis quelques élèves nous ont raccompagnés gentiment jusqu’au bus, et nous avons pu discuter encore un peu avec eux tout le long du trajet. Ces rencontres sont toujours autant enrichissantes et nous donnent l’envie de promouvoir encore et encore le SVE.
