Lors de notre petit séjour dans le Setumaa, nous avons profité d’avoir une voiture pour nous rendre aux grottes de sable de Piusa, à quelques kilomètres de la ville d’Obinitsa. Ces grottes font partie d’une réserve naturelle, et sont apparues à la suite du travail de mineurs entre 1922 et 1966. Le sable continue d’être extrait pour la verrerie située à proximité.
Seule la plus petite des deux grottes abandonnées est ouverte au public, l’autre est peuplée de quelque 2 000 chauves-souris. Nous avons suivi la visite guidée en estonien, essayant de comprendre tant bien que mal les explications de notre guide.
Puis, nous nous sommes baladés tout autour en s’émerveillant des différentes couleurs ocrées que prenaient le sable suivant les endroits. Jonathan en a même ramené un peu pour sa collection.
Ce week-end, nous sommes partis à la découverte de la région du Setumaa, à l’extrémité sud est du pays. Nous avions loué une voiture et nous y sommes allés en compagnie d’un couple de touristes français rencontrés à Tallinn. C’était bien sûr l’occasion de découvrir un petit peu mieux ce coin de l’Estonie que nous ne connaissions pas, mais aussi et surtout d’assister à la XVème élection du roi Setu.
Mais qui sont les Setus?
Ce sont ces quelques milliers de personnes habitant dans cette partie de l’Estonie à la frontière avec la Russie, une minorité qui possède sa propre langue, le Seto, assez différent de l’estonien moderne. Ils sont orthodoxes, mais pratiquent cette religion à leur manière, et lui associent des rites païens : en Russie on les appelle les “demi-croyants”. Ils ont un roi Peko (dieu païen de la fertilité) au ciel, et chaque année ils élisent son représentant sur Terre. Ils sont réputés pour leurs traditions ; et plus encore pour leur chant le “leelo” pendant lesquels les vers chantés par la soliste, sont répétés par un petit choeur de femmes (certains chants peuvent atteindre jusqu’à 30 000 vers, il faut une sacré mémoire pour retenir tout ça !). Les Setus se décrivent comme issus d’une culture mixte : estonienne et russe, ils sont d’ailleurs répartis de part et d’autre de la frontière (4 000 en Estonie, 3 000 en Russie). Leur costume traditionnel est tout à fait atypique : composé notamment d’un lourd bijou circulaire en argent autour duquel sont attachés des pièces de monnaie plus ou moins anciennes. Voilà, maintenant vous savez tout, sur les Setus
Arrivés à Värska, samedi aux alentours de midi, il nous a fallu en premier lieu passer la douane Setu, et oui c’est un peu comme si on se rendait un tout autre pays finalement. Puis, la journée s’est enchaînée sans que nous ne voyions le temps passer. On se serait cru transporté dans un autre monde le temps d’une après-midi. Premier petit tour dans les différents stands de nourriture (nous avons oublié de mentionner que les Setus sont aussi réputés pour leur bonne cuisine), avec au menu entre autres : bière maison, viande, saucisse, harengs, saumon fumé, haricots, glace maison, etc. Petit arrêt à l’atelier artisanat, où nous avons pu réaliser un dessous de plat aux motifs et aux couleurs Setu, grâce à différents petits tampons mis à la disposition du public. Puis, nous avons participé activement, au vote pour le meilleur fromage des environs (bon on n’a pas vraiment été emballé par le goût : tous étaient très lourds, parfois pâteux et toujours parfumés au cumin).
Durant toute la durée de l’événement, les Setus n’ont cessé de nos éblouir, par leurs costumes, leurs chants, leurs danses et leur bonne humeur communicative. Vraiment c’était une vraie bouffée d’oxygène et de dynamisme. Quant à leur élection du roi, précédé de chants comme discours de campagne électorale, suivi d’un vote en direct pour son candidat favori en formant tout simplement une ligne devant lui, avant de finir par une parade complètement folle… époustouflant vraiment !
Malheureusement, notre favori Lembit Lennuk, n’a pas été élu mais cela ne nous a pas empêché de passer des moments qui resteront gravés longtemps dans notre mémoire, en compagnie de ce peuple absolument charmant.
Pendant cette formation, nous avons donc été découvrir le parc national de Soomaa. La météo horrible des jours précédents (quasiment des pluies tropicales par moments) s’était un peu calmée pour laisser place à un beau soleil.
Le parc national de Soomaa est situé à l’ouest de Viljandi et est composé de zones marécageuses. Nous avons donc loué des canoés, le meilleur moyen pour visiter cette zone. Nous avons découvert la flore spécifiques de ces marais, ramassé quelques champignons, et pique-niquer tranquillement au bord de l’eau.
Puis, nous sommes partis pour une petite randonnée dans les marais, où nous avons retrouvé les meme petites planches de bois qu’à Kõrvemaa. La lumière était particulièrement belle en cette fin de journée, et nous avons apprécié de nous promener entre les différentes baies sauvages que nous aimons tant ici (cranberry, myrtilles, fraises des bois, etc…). Jonathan a meme osé la baignade dans l´un des marais.
Finalement, nous avons repris les canoés. Parfois les manoeuvres étaient un peu délicates, une fois ou deux nous nous sommes retrouvés coincés dans les roseaux. Mais la bonne humeur du groupe était toujours au rendez-vous meme si nous n’avons pas pu apercevoir ni élans, ni ours, qui nous avait on dit affectionnaient tout particulièrement cette région. Seules traces animales, les troncs d’arbres rongés par les castors!
Nous avons pagayé encore un peu, puis repris le bus jusqu’à une grange où nous avons passé la nuit. Nous avons apprécié cette très bonne soirée autour du feu et de délicieux pancakes, et nous nous sommes endormis paisiblement dans le foin.
Du 27 au 29 juillet, nous avons assisté au festival de musique folk à Viljandi, un événement important qui rassemble une bonne partie des estoniens jeunes ou moins jeunes (malgré la foule, nous y avons rencontré par hasard Archil, Ilze, Lee et bien d’autres volontaires encore, et meme des amis de notre village de Jõelähtme, c’est fou!). Les artistes invités sont à la fois locaux, estoniens et étrangers, une vraie mixité culturelle !
Pour nous rendre jusqu’au festival, nous avons fait comme la majorité des gens, pris le train. C’était la première fois qu’on le prenait en Estonie, et il s’avère qu’il est moins cher et quasiment aussi rapide que le bus pour certaines destinations. L’ambiance était déjà au rendez-vous, le train quasiment plein, rempli par toutes les personnes qui se rendaient au festival au départ de Tallinn.
À notre arrivée, Merle, une de nos collègues de travail nous attendait, nous avons planté notre tente dans le jardin des parents d’une de ses amis, car forcément pendant le festival tous les hébergements sont pleins, et c’est la tradition de camper chez des amis, ou chez des amis des amis de ses amis… La famille chez qui nous étions était vraiment très accueillante, nous offrant des petits déjeuners copieux le matin, ainsi que des fruits de leur jardin.
Nous avons participé à pas mal de concerts, musique traditionnelle estonienne, un ensemble de jeunes violonistes particulièrement doués, un groupe de portuguais sympathiques (d’ailleurs un des musiciens ressemblait fortement à Jege!!!) et qui jouait de l’excellente musique. Et surtout un trio de québéquois qui ont mis une ambiance du tonnerre et nous ont bien fait rire (”Y a t-il des québéquois dans le public? gros silence… Bon, ben y a-il des francais alors? Cri de nous deux et toutes les tetes se sont subitement retournées vers nous ! Et bien il y en aura au moins deux qui comprendront nos paroles !)
Le cadre des concerts était particulièrement beau, parfois dans les ruines de l’ancien chateau, tout proche du lac entouré de collinnes plus verdoyantes les unes que les autres. C’était un coin que nous n’avions pas encore visité, et on a découvert là les charmes de l’Estonie du Sud, complétement différente de celle du Nord (beaucoup plus plate et moins forestière) ainsi que la jolie ville de Viljandi.
Le temps était plutot variable, parfois des trombes d’eau arrosaient les spectateurs, mais cela ne semblait pas perturber les estoniens qui continuaient de chanter, danser et sauter aux sons de la musique.
Nous avons profité de nos deux jours de congés hebdomadaires pour aller découvrir la ville de Tartu, au sud de l’Estonie. Nous avons donc été jusqu’à la gare routière et nous avons pris un bus pour nous y rendre. Arrivés dans la ville, nous nous sommes directement rendus à l’office du tourisme, où nous avons trouvé une gentille dame qui a même été jusqu’à nous aider à réserver notre Bed and Breakfast pour le soir.
Nous avons ensuite assisté a un concert donné par une chorale anglaise sur la grande place, avant de partir visiter les principaux monuments de la ville.
A midi, nous avons déjeuner dans un restaurant a l’ambiance francaise. Des crepes sur fond musical de Corneille, Carla Bruni ou Zebda, c’est pas que ça nous manquait mais qu’est ce que ca fait du bien de chanter du français à tue-tête.
Après la visite du musée du sport guidée par deux dames bien sympathiques, nous avons été à la rencontre de notre Bed and Breakfast, un peu à l’écart du centre ville, pas très joli d’extérieur mais confortable et pas cher, parfait pour nos petits budgets de volontaires.
Le soir, nous avons déniché un endroit bien agréable, très animé : un restaurant situé dans une ancienne poudrière avec chaises et tables en bois, décor chaleureux et serveuses en costumes traditionnels. Ca nous a donné envie de retourner à Tartu spécialement pour cet endroit. Puis, nous avons terminé la soirée, dans un café fréquenté par des jeunes estoniens, et quelques Erasmus, à l’ambiance rock.
Le lendemain, nous voulions visiter le musée national estonien (selon les guides un des plus beaux du pays) mais malheureusement il était fermé.
Nous nous sommes donc rabattus sur la cafétéria de l’université, avec des prix au poids.
Un dernier tour dans la ville, et il était déjà temps de reprendre le bus, direction Tallinn puis Jõelähtme.